Hommage au concours polar de la RTBF (05/06/2008)

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Voici une image que l'on ne verra plus, hélas! Le concours de nouvelles policières de la RTBF vient de passer aux archives de la radio. Et nous sommes nombreux à être endeuillés. Pus de cadavres le dimanche soir, plus de lecture radio pour des textes féroces, malins, actuels, qui déformaient le monde à travers l'objectif d'un vieux Polaroïd aux piles usées. J'aimais bien, moi, le polar du dimanche...
Dominique Vasteels, la cheville ouvrière de ce concours et de l'émission est aussi surprise que ses auditeurs, elle vient d'apprendre la nouvelle juste au moment de lancer la 18e édition du concours... Pas assez rentable, il paraît. Drôle de logique pour La Première, une chaîne de service public, qui programme de la fiction grand public... à 23h!
L'occasion est belle de dire tout ce que je dois à Dominique Vasteels. Dès 1996, c'est elle qui a enregistré "le chien brun et la fleur jaune de Chine" en radio, car ce texte avait reçu le prix de la RTBF au concours de nouvelles de la Fureur de Lire. J'ai adoré la lecture de Julien Roy, avec son accent chinois de dessin animé et les refrains musicaux de restaurant chinois, c'était exactement ce qu'il fallait, et que je n'aurais jamais imaginé. Le miracle de la lecture en ondes.
Après, bien d'autres nouvelles ont été écrites pour le concours: "Pas de vacances pour le chien brun", "Nettoyage à sec" et "L'affaire Smilodon", tous trois enregistrés dans l'émission et publiés plus tard dans mon recueil "Les ours n'ont pas de problème de parking", tout comme "Le grand méchant Marc", qui m'a rapporté le Grand Prix en 1999.
Plus récemment, "Bureau, fais ton office" et "Moi, je dis qu'il y a une justice" ont été récompensées, avant de figurer dans "Nous sommes tous des playmobiles"... A chaque fois, j'étais porté par le plaisir d'écrire pour la mise en ondes. Le goût du texte qui se lit bien, qui se comprend à l'oreille, que l'on peut ponctuer de petites respirations musicales, c'est grâce au concours polar que je l'ai acquis. Le concours disparaît, j'en suis chagriné, mais il laissera des traces durables. Non seulement les textes écrits pour l'appel annuel resteront écrits mais même pour les textes à venir, pour mes romans, pour ma poésie, je ne peux plus me débarrasser désormais d'une sensibilité de l'oreille et d'un enthousiasme immodéré pour les textes de fiction qui se laissent mettre en bouche et porter dans les airs.
Et pour tous les lecteurs qui ferment les yeux au volant pour mieux écouter une voix dans la nuit... 
Merci, Dominique, pour tout cela! 

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