14/09/2006

« Les mesures POUR la pauvreté »

J’entendais il y a quelques temps à la télévision une vice-première ministre du gouvernement fédéral annoncer que la réunion budgétaire avait pour objectif, notamment de dégager des moyens financier « pour la pauvreté ». Voilà qui est choquant, non ? Ne faudrait-il pas avant tout se mobiliser contre la pauvreté? Et la première des mesures à prendre ne consisterait-elle pas à la faire tout simplement disparaître ? Quand j’entends qu’à Liège 40% des jeunes sont au chômage et que 20% des habitants vivent sous le seuil de la pauvreté, je ne me dis pas qu’il faut aider ces gens à trouver les moyens de vivre, je pense tout simplement qu’il faut les sortir de là. Et pas en leur offrant des chèques culture ou des bons pour des livres scolaires ! En les aidant à réaliser leurs projets et à reprendre la place qui leur revient, en plein cœur de la société.
J’ai publié cette semaine dans les pages du magazine « Liège(04) », un portrait de madame Neri, la patronne du « Star of India », rue du Plan Incliné, le meilleur restaurant indien de Liège à mes yeux (et à mes papilles gustatives surtout ;-). Son histoire est incroyable. Il y a quelques années, après avoir bossé toute sa vie dans la restauration, elle découvre qu’on n’a pas payé ses charges sociales et qu’elle n’a pas droit au chômage alors que le resto qui l’emploie vient de fermer. Résultat, elle se retrouve au CPAS. Mais elle a un caractère bien trempé et des projets plein la tête. Elle ne veut pas rester dans cette situation longtemps, elle veut monter son propre restaurant avec son mari originaire du Penjab. Aucune banque ne voulait lui prêter de l’argent, alors qu’il ne lui fallait que 10000 euros ! Elle les a toutes faites. Heureusement, elle a trouvé Credal et le micro-crédit, à Louvain-la-Neuve, qui lui a permis d’ouvrir son restaurant, qui est aujourd’hui un établissement qui marche bien.
medium_Credal3.JPGUn vrai succès.
Mais les commentaires des assistantes du CPAS sont éloquents : « En sept ans de carrière au CPAS, vous êtes la première que je vois s’en sortir ». Catastrophique mais vrai.
Or, le CPAS, c’est une compétence communale.
Il est urgent de mettre en place une vraie politique d’accompagnement des bénéficiaires de l’aide sociale pour voir avec eux comment leur vie peut changer. Comment ils peuvent se prendre en mains. Quels sont leurs envies, leurs projets, et les aider à les concrétiser. C’est comme ça qu’on crée de l’emploi, tout simplement. En donnant aux gens la possibilité de se lancer et de prendre des risques. En leur garantissant que, dans le pire des cas, ils se  retrouveront là où ils sont aujourd’hui, au CPAS. Que le seul risque qu’ils prennent, c’est de s’en sortir pour de bon.
Il me semble que ça vaut la peine, non ?

18:40 Publié dans ecolo | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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