03/04/2009
Un livre en forme de tsunami
Mais à quoi peuvent donc servir tous les livres qui mêlent texte et images ? La plupart du temps, l'album que l'on prend en mains, aussi joli soit-il, aussi intelligent et astucieux son propos soit-il, ne dépasse pas la simple distraction.
Avec la publication de « Tsunami », un livre pas du tout comme les autres, les éditions Rackham nous initient à une tradition de récits graphiques venus de l'autre bout du monde, dont le sens et l'utilité s'imposent d'emblée.
Dans la culture bengali, les rouleaux peints patuas servent de supports aux conteurs qui passent de village en village. Face à l'assistance, les conteurs indiquent du doigt les dessins à regarder tandis qu'ils chantent le texte. Les récits peuvent aussi bien perpétuer des histoires traditionnelles que s'inspirer de l'actualité récente. Cette tradition orale séculaire est encore bien vivante dans les états indiens du West Bengal et du Bihar, en Inde. La preuve, c'est de là que provient ce livre exceptionnel, dessiné pour témoigner de l'émotion collective qui a traversé la région, en décembre 2004, lorsqu'un tsunami a ravagé l'Indonésie, le Sri Lanka et l'Inde.
« Tsunami » n'est plus seulement un rouleau, c'est désormais un livre dédié à la mémoire des victimes de cette catastrophe. Sous forme d'accordéon, le long dessin représente un tsunami personnifié, qui crache de l'eau à travers toutes les pages, emportant sur son parcours sinueux aussi bien les gens que les objets et les animaux. D'une lisibilité limpide, le dessin en couleurs vives et tranchées, est accompagné par la transcription du chant qui, dans sa simplicité, parvient à rendre aussi bien l'émotion et la peine que la colère et la révolte.
Cet objet hors du commun a été entièrement conçu et sérigraphié, collé et cousu à la main en Inde par l'atelier des édition Tara à Chennaï, et se présente comme un protoype d'édition équitable.
Pour donner une idée de cette forme graphique étonnante, rien ne vaut une bonne image et un extrait du texte.
Ballet d'hélicoptères
débris de toitures
Survivants qui se battent
pour de la nourriture
Amer destin
de mourir comme des mouches
Les larmes coulent
de mes yeux, de ma bouche
Aide, politique
et petits arrangements
Vont de concert
entre les baraquements
Les affamés tiendront-ils
encore longtemps
Tsunami
Terreur des vivants
Une histoire d'espoir
avant de finir
Sur une berge, un temple
regardait le temps vieillir
Il n'a ni cédé
ni ne s'est effondré
Mais on a vu à ses pieds
un autre temple se dévoiler
Sous les sables
par les flots avalés
Même dans la destruction
tu fais surgir la beauté
Tsunami
Apatride calamité !
Et pour écouter le chant en version originale et découvrir comment le livre est fabriqué entièrement à la main, il suffit de regarder la vidéo ci-dessous.
Joydeb et Monyna Chitrakar, « Tsunami », Editions Rackham, 30 euros.
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23/03/2009
Un livre à dévorer de toute urgence (et plus tard aussi)
Le plus beau des dilemmes auxquels un lecteur peut être confronté n'est sans doute pas celui du Capitaine Haddock (la barbe : sur ou sous la couverture dans le lit ?), même si ce problème le tient éveillé tout une nuit, c'est d'en arriver à ce point magique dans un livre où l'on voudrait à la fois lire la suite au plus vite, tant le plaisir est intense, et ralentir la lecture pour la faire durer le plus longtemps possible. C'est un bonheur exquis et douloureux, car l'on sait que derrière ces deux solutions se cache une vérité bien plus profonde : tout livre, aussi bon soit-il, s'achève une fois la dernière page atteinte. Il faudra bien quitter l'univers doux et chaud de la fiction pour rejoindre le monde terne et froid de la réalité. Ce moment peut-être repoussé quelque peu, il ne peut pas être écarté complètement. Mais quel plaisir intense que de sentir qu'on voudrait freiner alors que la lecture s'emballe ! Il est rare, malheureusement, surtout en bande dessinée, où les pages se tournent si vite et les planches se parcourent avec si peu d'effort qu'on atteint la dernière avant d'avoir eu le temps de savourer.
Heureusement, il y a « Tamara Drewe » de Posy Simmonds. Peut-être bien la lecture la plus époustouflante, à mes yeux, de l'année 2008. Un vrai pavé, un vrai roman graphique, bourré de textes et fourmillant de personnages attachants, une vraie œuvre de littérature, qui recourt aussi bien au texte qu'aux images, aux bulles qu'aux descriptions. En bref, un roman qui ne se prive de rien et qui chouchoute ses lecteurs.
Il paraît que l'histoire s'inspire du roman « Loin de la foule déchaînée » de Thomas Hardy. Je serais bien incapable d'en juger car je n'ai pas lu ce livre. Mais ce que je peux dire est que le résultat ne sent pas le moins du monde l'adaptation, bien au contraire.
Dès les premières pages, on comprend qu'on pose les pieds dans un univers dont Posy Simmonds maîtrise les moindres recoins. On découvre, dans la campagne anglaise, Stonefield, un lieu de retraite pour écrivains, où tous ceux qui le souhaitent peuvent venir achever, en résidence paisible, leur travail de rédaction. Dans la remise, on trouve Nicholas Hardiman, auteur à succès de romans policiers, marié à Beth, la tenancière des lieux. C'est un bel homme, coureur de jupons et grande gueule. Il prend toute la place que son épouse, dévouée et discrète, laisse disponible. Le docter Glen Larson, prof d'unif et traducteur, loge et travaille dans la chambre Bateman. C'est un habitué des lieux, il est gros et barbu, son livre n'avance pas et ça l'arrange plutôt bien, il apprécie les séjours à Stonefield. Il y a encore Andy Cobb, le jardinier de la ferme bio, et quelques autres écrivains de passage... Puis, un matin, l'équilibre paisible bascule, lorsque la scène de ménage entre Nicholas et Beth éclate dans la cour de la résidence, devant témoins. Au départ de cette altercation, une histoire d'infidélité qui est loin d'être la première. Nicholas va devoir quitter les lieux et Beth maintenir le bateau à flots... Ce ne sera pas simple car voici que débarque, dans le village voisin, Tamara Drewe, jeune pipole, chroniqueuse de presse, citadine allumeuse et désinvolte, bien décidée à s'installer dans ce cadre magnifique et... paisible.
Durant plus de 130 pages, on va se passionner pour ces personnages d'écrivains timides et de campagnards maladroits, on va les regarder se débattre et s'ébattre dans les prés, dans la boue et à leur table de travail. On y ajoutera quelques jeunes du village, des téléphones portables, des couples qui se forment et se déforment, des rumeurs qui courent, des intrusions et des coups fourrés... On se régale d'un bout à l'autre, non seulement parce que le propos est croustillant mais surtout parce que la façon de le raconter, en roman aux voix multiples, où chaque personnage s'exprime tour à tour, où les mêmes faits sont racontés suivant un point de vue puis un autre, en images, en texte et en mélange des deux, est un vrai délice.
Posy Simmonds a trouvé non seulement le tempo qui convenait à son histoire, elle manie surtout avec habileté les ruptures de ton et de genre, elle passe du monologue intérieur aux scènes de pure BD, du récit rédigé dans un journal intime aux images sans paroles, du monochrome aux couleurs flashy avec une égale maîtrise.
Ajoutons à cela que le livre, épais et cartonné, avec son format presque carré et son marque-page en tissu est un très bel objet, que la traduction de Lili Sztajn est à la hauteur de la difficulté et on comprendra pourquoi, bien qu'il ne ressemble à aucun autre, ravit tous ceux qui prennent le temps de se plonger dans ses pages. Bien trop roman pour les simples amateurs de BD, bien trop BD pour les fans de littérature anglaise, il convainc tous les publics parce que c'est un vrai roman graphique, au sens plein du terme, un œuvre qui réinvente sa propre façon de raconter l'histoire sans se priver d'aucun des talents de son auteur.
Hors du commun, vraiment.
Posy Simmonds, « Tamara Drewe », Denoël Graphic. 134 pages - 23,50 EUR.
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| Tags : tamara drewe, posy simmonds, bd, littérature, roman graphique |
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28/02/2009
Dérapage 02 - délires incontrôlés
Ils viennent de cette partie de la Belgique qu'on dénomme le Pays noir et cela explique peut-être pourquoi Mashall Joe et Dampremy Jack cultivent un humour de la même couleur.
Dans ce deuxième album qui, comme le premier, se présente sous la forme d'une anthologie d'histoires brèves et délirantes, les Sauveurs de la Terre, deux flics répondant aux mêmes noms que les auteurs de l'album, soit Dampremy Jack et Mashall Joe, sont appelés à la rescousse pour déjouer les plans machiavéliques de Señor Cervella, le méchant de service, qui rêve de tout faire péter, les deux héros comme le reste de la planète. D'enquête en enquête, le mystère reste aussi épais et l'humour fait de même.
Car, dans l'univers de Dérapage comix, tout a fâcheusement tendance à partir en sucette. Les héros sont des sales types, racistes, qui exploitent des enfants pour confectionner des ballons et rêvent qu'on les enterre dans un cercueil Ikéa avec pour épitaphe « Ci-gît l'amant d'Hervé Villard » en lettres gothiques. Horrible, n'est-il pas ?
Les aventures sans prétention de ces deux affreux sont à prendre au troisième degré et tout nous y invite, à commencer par des références abondantes à la pop culture cracra (Village People, Mary Poppins, Queen, Avril Lavigne ou encore le roi Léopold II) et un dessin stylisé, où les personnages ont systématiquement la même tête, puis aussi ces décors géométriques truffés de dessins repiqués dans des gravures, de vieilles cartes postales, des plans de montage Ikéa, voitures tirées de planches Letraset et bien d'autres clins d'œil qu'on prend plaisir à voir surgir au détour des cases.
Tout dans ce petit album est référentiel : les illustrations, les personnages et les aventures elles-mêmes, remixes originaux de vieux classiques (l'affrontement entre les gentils et le méchant, la conversation de canapé typique des sitcoms, le robot géant qui marche sur la ville détruisant tout sur son passage...)
A chaque historiette, la narration se réinvente : plusieurs récits sont entièrement sans paroles (les dialogues dans les bulles sont illustrés par des dessins eux aussi), d'autre se présentent avec une voix off, d'autre encore comme de fausses bd classiques... Et, à chaque fois, ça marche : c'est bête et ça fait rire. D'un rire jaune et complice, bête et méchant comme il se doit.

Mashall Joe et Dampremy Jack, « Dérapage comix 02, Les sauveurs de la terre », Warum, 112 pages.
PS : si vous n'arrivez pas à lire sur l'écran, achetez l'album ;-)
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26/02/2009
Ces Somnabules sont-ils équivoques?
C'est très bon signe quand on termine une BD et qu'on a du mal à la comparer à une autre. Oui, bien sûr, graphiquement, on peut dire que le dessin de Randall.C ressemble à un grand mélange de toute la nouvelle génération de bédéastes français, au premier rang desquels on retrouverait Blain, Blutch et Pedrosa, sans oublier les inséparables Dupuy et Berbérian. Rien que ça, ce n'est déjà pas mal, pour un auteur Flamand, qui a grandi au pays de Neron et de Bob et Bobette. Mais quand on regarde le récit qu'il développe, on se dit qu'il devait surtout apprécier les délires d'autres compatriotes venus d'Absurdistan, comme Kamagurka (Cowboy Henk) ou Luc Cromheecke (le génial géniteur des aventures de Tom Carbone). Toutes ces comparaisons, de toute façon, ne font qu'approcher le phénomène, pas le cerner, loin de là.
Pour lui rendre justice, il faut le lire tout simplement.
Les somnambules est un récit hors pair, avec un pied chez Lewis Caroll et l'autre chez Henri Michaux, tendance Monsieur Plume, il démarre par un dialogue entre un jeune gars et sa copine, dans un appartement cosy, un vrai « cliché littéraire » de la nouvelle bande dessinée mais tout cela n'est qu'apparences car le fil que l'on suit, en réalité est celui du dialogue, les mots devenant soudain plus forts que les contraintes d'espace et de temps. On parle d'une île et de la mer, on s'y retrouvera bientôt, en un glissement subtil, logique et décalé, qui ne cessera de rythmer l'album, d'un bout à l'autre. Façon marabout - bout de ficelle, se dit-on au premier abord.
Qui dit mer dit marins, qui dit marins dit sous-marin, qui pense à île pense au naufrage, à la baleine, aux indigènes... Randall.C nous offre tout cela dans un feu d'artifice drôle et déboîté, toujours logique dans son glissement absurde, étonnamment cohérent dans sa manière de découdre le récit pour mieux en découdre avec le propos. Car tout finit par faire sens. « Les somnambules » est un grand livre. Un magnifique album, qui inaugure un genre nouveau, qui ne serait pas le roman graphique mais le poème graphique, un développement narratif inédit qui s'intéresse moins au devenir des personnages plongés dans le réel qu'au développement quasi sans limite de leur imaginaire.
Époustouflant et déroutant. Que demander de plus ?
Allez, je vais le relire, pour le plaisir.
Randall.C, Les somnambules, Casterman, 110 p. Traduit du néerlandais.
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18/02/2009
Une BDDD (= une BD en 3D)
C'est l'excellent Didier Millotte qui m'a fait découvrir les recherches de Vincent Giard sur son blog A Encre. On y trouve plein de petits bouts d'essais assez passionnants parce qu'ils explorent les possibilités de la BD en GIF animés. Pas de la simple animation, non, du récit en cases avec des images qui bougent.
De la BDDD, en quelque sorte, de la BD en 3 D : hauteur, largeur et... temps !
Il y en a en tout cas une qui est formidable et vaut le détour, c'est celle dont j'ai extrait la case qui illustre cette note. Allez la lire, vous ne regretterez pas le détour. Mais accorchez-vous, ça va tanguer !
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| Tags : bd, gif, animation, aencre, vincent giard, didier millotte |
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12/02/2009
Blaise de Planchon, une BD qui décape
Glénat fête ses quarante ans et s'offre, comme bien d'autres maisons d'édition réputées, un espace dédié aux nouveaux formats et à la nouvelle génération d'auteurs. En clair, il s'agit d'une nouvelle collection, intitulée « 1000 Feuilles » (à signaler au passage, c'est également le nom de l'émission littéraire de la télévision publique belge, la RTBF, qui réserve une belle place au neuvième art, car son animateur, Thierry Bellefroid, est passionné de bande dessinée). La ligne directrice de la collection est simple : tout est possible . Aucun format standard, pagination libre, couleur ou noir et blanc, l'auteur est seul maître à bord et peut faire n'importe quoi, du moment que c'est de qualité.
La preuve concrète de ces bonnes intentions, c'est tout simplement « Blaise », le premier album publié, signé Dimitri Planchon.
Blaise est un petit gamin à la tignasse abondante, enfant unique, flanqué de parents tout droit sortis des seventies : une mère à lunettes surdimensionnées, une cigarette constamment pendue au bout des lèvres, et un père barbu, à lunettes lui aussi. Ils déambulent dans des décors photographiés puis redessinés et colorisés, le corps raide et l'air faussement impassible. Là-dessus, des dialogues décapants, entrecoupés des pensées des personnages, font merveille. On découvre l'univers ravagé dans lequel se débat la jolie famille : un monde où la télé martèle en permanence le panégyrique d'une star du foot et de la vertu, Dabi Doubane, personnalité préférée des Français, puis diffuse la propagande nauséeuse du futur chef de l'état, dictateur populiste. On rit beaucoup, moitié jaune moitié grincement de dents car, sans sombrer dans la vulgarité, Planchon fourre son doigt en plein là où ça fait mal. Petites hypocrisies entre amis, règlements de compte en famille et jalousie de bureau. Qu'on soit devant la machine à café, dans la voiture, à table ou en randonnée dans la nature, les dialogues giclent et rendent absurdes les situations les plus banales.
Le parti-pris graphique, par son néo-réalisme pris au second degré, rappelle les couvertures de Mad Magazine, mais y ajoute une dose de kitsch savoureux.
Pour un premier album dans la collection 1000 feuilles, c'est une belle découverte. Reste à savoir si les autres parutions seront du même tonneau. Certainement pas, puisque le crédo de l'éditeur est de faire différent à chaque coup.
Vivement la prochaine surprise !
Dimitri Planchon, « Blaise », Glénat, collection 1000 feuilles.
Allez, zou, un bout de planche pour juger sur pièce (merci, Glénat!)

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| Tags : bd, planchon, blaise, 1000 feuilles, glénat, humour, kitsch |
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05/02/2009
Un film d'horreur de bonbons
Ah, je suis tombé hier avec mes enfants sur ce magnifique film d'horreur miniature réalisé par Anouk Ricard pour M6. Je ne vous en dis pas plus, regardez-le, c'est terrifiant...
Et quand vous aurez fini, filez voir son site, pour découvrir ses formidables albums de BD publiés chez Sarbacane : Anna et Froga, Le commissaire Toumi.
Ils sont trop bien, comme dirait ma fille :-)
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20/01/2009
Bras de fer et maison close à Angoulême
Waow, le festival d'Angoulême n'est pas encore ouvert que le Net permet déjà de découvrir deux merveilles en ligne : un tournoi de bras de fer entre auteurs de BD et une maison close, où les auteurs indépendants dévoilent leurs secrets les plus affriolants. C'est drôle, c'est surprenant et on en prend plein la gueule. Alors, pourquoi s'en priver ?
Championnat de bras de fer
Découvrez qui l'emportera dans un championnat où tous les coups sont permis : Trondheim, Boulet, Parrondo, Frederik Peeters, Lisa Mandel, Aude Picault et des tas d'autres se dessinent assis à la table, face à face, dans une joute sportive. C'est toujours mieux que de forcer les jeunes filles à la prostitution, expliquent les organisateurs. Ils n'ont pas tort, c'est tordant, léger et passionnant à suivre.
De la toute bonne BD sur le net et ça se découvre en cliquant ici.
Mais ne partez pas tout de suite, le championnat n'est qu'un apéritif, le plat de résistance arrive et c'est la
Maison close
A la demande de Dupuy et Berbérain, double président de cette édition du festival, quelques indépendants devaient mettre en place une belle exposition, si possible avec des femmes qui dessinent. Mais une bête expo, pendant le festival, il y en a des tas. Par contre, un lieu de débauche, il n'y en avait pas encore... Il suffisait d'allier les deux pour créer une expo délirante, un lieu imaginaire où le spectateur peut observer, en voyeur, les rencontres entre quelques énergumènes de la BD indépendante.
Ça décape, ça arrache.
Je n'ai pas encore tout exploré mais j'ai déjà mon récit préféré, celui qu'on découvre en cliquant sur Anouk Ricard dans le hall d'entrée. Ah oui, j'aurais dû commencer par là... dans le hall, vous rencontrerez de charmantes hôtesses, vous leur cliquez dessus et vous êtes plongé dans une histoire qui se déroule de bas en haut, chaque dessinatrice et dessinateur prenant en charge le dessin de son propre personnage et de ses bulles.
Détonnant.
Et pour entre dans le hall, c'est par ici.
Bonne visite !
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28/11/2008
L'art contemporain en cases et en bulles
Est-il possible de discuter d'art contemporain avec n'importe qui ? Soyons concret et spécifique. Est-il envisageable de débattre des pièces exposées au Guggenheim de Bilbao avec une vieille mère espagnole, dont la préoccupation principale est le repas du soir et la propreté du ménage ? N'est-il pas plus simple de la laisser mariner devant les soirées « Star Ac' », plutôt « Pospstar » en Espagne, ou « Gente », l'émission pipole que le monde entier envie à TVE ? Juanjo Saez, lui, n'a pas baissé les bras, il affronte brillamment ce défi dans « L'Art - conversations imaginaires avec ma mère », un gros album formidable et passionnant, traduit de l'espagnol par Alejandra Carrasco et publié chez Rackham.
Saez est né en 1972, il vit à Barcelone et collabore comme illustrateur à des périodiques et quotidiens aussi prestigieux qu'El Mundo ou El Periodico de Catalunya, réalise des dessins publicitaires pour les campagnes de Nike et Diesel, entre autres, quand il ne publie pas ses propres livres. Comme celui-ci, qui tente de réconcilier le grand public avec l'art contemporain. A ses yeux, l'art a été détourné par des élites riches et cultivées, qui tentent de le dérober au reste du monde. Les artistes eux-mêmes, dans le but de faire monter leur cote et de flatter leurs acheteurs, ne font rient pour dénoncer ce hold up déplorable. La plupart des gens en sont réduits, face à une œuvre d'art récente, à décréter soit : « ma nièce de six ans ferait la même chose » ou « je n'y comprends rien ». Saez ne se laisse pas abattre, il propose dans ce livre... (lire la suite dans Bain à Bulles sur Bibliobs)
17:25 Publié dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : bain à bulles, juanjo saez, rackham, bd, art contemporain, picasso, magritte |
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13/11/2008
"Phase 7" d'Alec Longstreth traduit en français
Alec Longstreth m'était un parfait inconnu il y a quelques jours encore, j'ai aujourd'hui l'impression d'avoir passé tant de temps en sa compagnie, à l'écouter parler, surtout, et à le regarder bosser, beaucoup, qu'il m'est presque aussi familier qu'un ami. Je ne l'ai pourtant jamais rencontré mais je viens de dévorer « Phase 7 », une anthologie de ses meilleurs comics, publiée par l'Employé du Moi, à Bruxelles, à destination des lecteurs francophones. Six années séparent les premières pages, droit sorties du fanzine autoproduit Phase 7 numéro 1, en décembre 2002, des dernières planches, et de la préface dessinée expressément pour cette publication.
Longstreth, dont le nom semble imprononçable en anglais comme en français si l'on en croit les récits de l'auteur, est américain et passionné par la bande dessinée depuis la petite enfance, depuis qu'il est tombé sur la collection complètes des aventures de Tintin à la bibliothèque, puis qu'il s'est lancé, avec un copain, dans la collection des publications BD de Disney. Tout le monde n'a pas la chance de naître à deux pas d'une bonne libraire BD, il fallait bien se rabattre sur les comics disponibles et à portée de portefeuille.
Dès les premières planches qu'il dessine pour son fanzine exclusivement autobiographique, il se révèle expert dans l'art de raconter de façon passionnante son existence monotone.(lire la suite dans Bain à Bulles sur Bibliobs)
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