16/10/2009

Un roman pour Sarkozy à Gandrange

Nicolas Sarkozy était hier en visite à Gandrange pour tenter de faire diversion sur différents sujets et, surtout, revenir sur les lieux où il avait promis que l'inéluctable n'aurait pas lieu, que la fermeture par ArcelorMittal serait annulée.

Tout le monde attendait son retour sur les lieux. Tout le monde attendait son discours.

J'aurais bien aimé, moi, qu'il aille puiser quelques citations dans "L'homme qui valait 35 milliards" pour interpeller, par exemple, Lakshmi Mittal, sur sa décision de fermeture. Ça aurait été amusant. Ça ne s'est pas passé mais ça ferait peut-être un bon sujet de nouvelle ;-)

En attendant, je vous colle ici:

- le lien vers le débat de Face à l'info consacré à la sidérurgie hier sur la RTBF (autour de mon roman, en présence de l'ancien patron de Cockerill avant la revent à Usinor et du patron des métallos de la FGTB) :

http://old.rtbf.be/media/radio/alademande/prem_face_1812/JE_prem_face_1812.mp3

- un article paru dans "Le Carnet et les Instants" qui fait un bon résumé du bouquin.

Article Carnet et les Instants.jpg

14/10/2009

Farfouillons la bibliothèque

enfant_bebe_livre.jpgA l'invitation de Valy Christine Oceany, je réponds à un questionnaire qu'elle avait elle-même reçu de Daniel Fattore. En règle générale, je ne suis jamais les chaînes de blogs mais ce questionnaire-ci m'a semblé plus amusant et plus intéressant que d'autres. Il invite les blogueurs à replonger le nez dans leur bibliothèque sous un jour un peu différent. Et c'est une excellente idée.

Pour certaines questions, j'ai répondu en tant qu'auteur, ce qui n'était pas prévu initialement, je pense, ce n'est pas grave, il me semble. J'ai juste trouvé bon de signaler cela par une astérisque avant le numéro de la question. Vous voilà prévenus.

Bonne lecture !

1. A quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture?

Selon l'heure du jour ou de la nuit, les souvenirs varient. Il y a les aventures de Petzi chez Casterman (des BD sans bulles, traduites du danois, où la tête du personnage apparaît sous les cases à côté du texte), les grand albums de Richard Scarry, dans lesquels on se perd pendant des heures. Ces deux-là c'est pour la journée. Quand j'y pense au milieu de la nuit, ce sont les grandes doubles pages des albums de Philippe Fix pour illustrer les aventures de Séraphin qui me reviennent à l'esprit puis les escaliers infinis remplis de monstres aux yeux globuleux dans « L'apprenti Sorcier » de Tomi Ungerer.

2. Quel est le chef-d'œuvre "officiel" qui te gonfle ?

Sans hésitation aucune, « Le Petit Prince » et son cortège de bons sentiments à bas prix.

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu?

Tout Hemingway, entre mille autres. Je n'ai pas une grande culture de la littérature classique. Celui que j'aimerais beaucoup lire, ces temps-ci, c'est Don Quichotte.

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as "honte" d'aimer ?

Je n'ai honte de rien. Mais j'admets volontiers que j'ai lu avec beaucoup de plaisir des tas de volumes des aventures de Sylvie, hôtesse de l'air (par René Philippe dans la collection Marabout Mademoiselle) alors que je n'ai jamais lu une ligne de Bob Morane, publié par le même éditeur au même moment. Sylvie, c'était pour les filles. Et ce n'était pas de la grande littérature.

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être la seule à aimer ?

Le seul, je ne pense pas que ce soit possible. Quand un lecteur est convaincu, il partage au moins son enthousiasme avec l'éditeur qui a publié le livre :-) Disons que je n'ai jamais croisé personne qui citait « L'employé » de Jacques Sternberg parmi les romans qui avaient compté dans sa vie de lecteur.

6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

Il y en a des tas. Le dernier grand enthousiasme, c'était peut-être « Épépé » de Ferenc Karinthy, un roman hongrois écrit en 1970, qui mérite de figurer à côté du « Procès » de Kafka et de « Voyage au bout de la nuit » de Céline, parmi les romans les plus forts du XXe siècle. Je ne sais pas à combien de personne j'en ai parlé après l'avoir lu.

7. Quel livre ferais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ?

Pour que la torture m'amuse, je ferais Livre Jockey (LJ) et je mélangerais les passages de centaines de titres qui me tombent des mains. Citer un titre en particulier serait faire trop d'honneur à un auteur qui ne le mérite pas. Je crois que le pire qu'on trouve aujourd'hui, ce sont les traductions faites à bon marché où il faut retraduire la phrase en anglais pour saisir son sens. Le pire que j,aie lu récemment (et c'était à haute voix en plus) c'est « Le fait du prince » d'Amélie Nothomb. Penser que ce livre a été lu par des centaines de milliers de lecteurs, dont beaucoup l'ont aimé, fait craindre le pire pour la faculté de juger des lecteurs d'aujourd'hui.

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire ?

« Un homme si simple » d'André Baillon.

* 9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ?

Ben, au risque de passer pour nombriliste, je dirais que c'est dans mes propres bouquins qu'on me découvre sans doute le mieux.

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?

Je ne me souviens pas d'avoir pleuré avec un livre entre les mains à part pour « Mon bel oranger » quand j'avais douze ans.

11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique?

Le Larousse 1981.

12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

Pas le Larousse 1981, en tout cas. Peut-être « Don Quichotte », pour ne pas finir mes jours sans l'avoir lu.

* 13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?

« Quatrième étage », en poche chez Pocket (en janvier 2010, on y sera vite).

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?

Les films de Kubrick sont à mes yeux des modèles d'adaptation de bouquins au grand écran. « The Shining » est impeccable, on ne sent pas le moins du monde qu'il y a un livre derrière (de Stephen King), au contraire, on dirait que ça a été pensé pour l'image. Sinon, plus récemment, c'est « Requiem for a Dream » de Darren Aronovski (d'après Hubert Selby Jr.) qui m'a soufflé. Et il y a à coup sûr une filiation entre les deux.

Pour terminer, si vous avez envie de répondre à votre tour à ce questionnaire sur votre blog, n'hésitez pas. Si vous le signalez dans les commentaires, j'irai volontiers vous lire.

 

08/10/2009

Signatures en librairie et interviews en ligne

Chers amis et lecteurs,

Dans les semaines qui viennent, je vais rendre visite à quelques librairies pour papoter, lire  des extraits de "L'homme qui valait 35 milliards" et signer, qui sait, quelques exemplaires tout frais.

Peut-être aurez-vous l'envie d'assister à l'une de ces rencontres ? En voici la liste.

- Le vendredi 16 octobre, je serai à Toulouse à la librairie L'autre rive, à partir de 19h.

- Le jeudi 29 octobre, je serai à Bruxelles, à la librairie Filigranes, de 18 à 20h.

- Le vendredi 30 octobre, je serai à Liège, à la librairie l'Echappée belle, de 17h30 à 19h30.

- Le samedi 31 octobre, je serai à Herve à la bibliothèque communale toute la journée, en compagnie de Frédérique Dolfijn, pour une rencontre autour de la nouvelle.

Bienvenue à toutes et tous !

Et si vous préférez rester chez vous, vous pouvez toujours réécouter les deux interviews diffusées aujourd'hui à la RTBF.

- L'interview grille-pain par Sébastien Ministru dans Snooze sur PureFM

L'interview dans Culture Club, par Laurent Dehossay sur La Première.

05/10/2009

Le Mensuel sur scène pendant toute la saison

mensuelaffiche2009.jpgC'est reparti pour une année décapatante et corrosive. Pendant toute la saison, le Mensuel fait le tour des scènes thâtrales de Belgique avec sa nouvelle formule au vitriol.

Plus décapant que la soude, plus tordant qu'un essoreuse : rires jaunes et rires gras garantis 100% d'actualité.

Chaque mois, l'équipe du Mensuel mange toute l'actualité politique et économique, locale et planétaire, puis la régurgite sur scène dans une formule théâtrale à chaud, détonnant et déconnante, où la langue de bois se fait débiter à la disqueuse et la censure censurer.

Une expérience à ne pas louper. Ça ne dure qu'une saison et après c'est fini pour toujours. Ne venez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus, ce serait un mensonge.

Pour ma part, j'ai le plaisir chaque mois de gros bouts du spectacle (mais je n'ai pas la chance de pouvoir y assister, je suis trop loin de la Belgique).

A vous de découvrir tout ça sur scène !

Plus d'infos pratiques sur les lieux et les dates sur le blog du Mensuel.

30/09/2009

Classement Wikio d'octobre : résultats

Apple-iMac-clavier-bluetooth.pngCela fait longtemps que je n'ai plus glosé un peu au sujet du classement Wikio, cet outil qui est à la blogosphère ce que le classement des ventes de LivresHebdo est au petit monde littéraire, un truc dont tout le monde dit se foutre mais que chacun regarde régulièrement (mais tout de même pas aussi souvent que les classements de vente de ses propres titres sur Amazon).

Comme je viens de rendre visite au blog de Ferocias et qu'il déplore que les blogueurs ne traitent plus du sujet, je me mets tout de site au travail pour signaler que, par ces temps de rentrée littéraire, il est bien normal qu'on ne perde pas son temps à dire du mal des modes de calcul du classement. On a d'autres choses à faire :

- si on est blogueur lecteur, on a 659 romans à lire (ce qui est pénible pour un être humain, on préfère se mettre en bande pour y parvenir et on contribue donc à Chroniques de la rentrée littéraire, à Evene ou à Critiques Libres);

- si on est auteur et qu'on a publié récemment, on a des dizaines de journalistes à convaincre, des interviews à préparer ou des confrères à tuer pour avoir droit à un peu d'espace médiatique ailleurs que sur son propre blog;

- si on est auteur et qu'on n'a rien publié ces derniers mois, on se remet au travail au plus vite, la rentrée et la saison des prix, c'est déprimant.

A la limite, on va voir ce qui se dit sur ActuaLitté ou Bibliobs pour se tenir au courant.

En aucun cas, non, vraiment, en aucun cas, on ne se tracasse pour le hit parade mensuel de Wikio.

Pas avant que le Goncourt ne soit attribué, tout de même. Chaque chose en son temps.

 

29/09/2009

5000 visiteurs

5000.jpgAu moment où vous lirez ceci, ce blog aura dépassé les 5000 visites ce mois-ci. Je n'ai aucune idée de ce que ça représente à l'échelle des blogs en général, mais je peux vous assurer que pour Post-It littéraire, c'est une grande première.

Ça doit s'expliquer par des tas de phénomènes concomitants :

- la rentrée littéraire et la sortie de mon roman "L'homme qui valait 35 milliards" avec sa bande-annonce ;

- la polémique autour de la couverture proposée pour la réédition de "Quatrième étage" en poche ;

- les remous autour du plagiat de la chronique de Boookomaton ;

- les renvois multiples de la part de Ferocias depuis son blog les Peuples du soleil (toujours plus populaire chez Wikio) ;

- les allers-retours entre les notes publiées ici et Facebook, où il y a plein de gens sympas et réactifs.

En tout cas, merci à toutes et tous pour vos nombreuses lectures !

 

25/09/2009

Mon roman traduit en anglais... en six heures chrono !

hommequi.jpgLors des interviews à l'occasion de la sortie de mon roman, on m'a souvent posé la même question : "Avez-vous envoyé votre roman à Lakshmi Mittal ?" et j'ai chaque fois répondu que non, que je n'ai pas son adresse et que je ne le connais pas, que je ne vois pas pourquoi j'aurais dû lui envoyer mon livre en service presse (après tout, il n'est pas journaliste, que je sache). Quand on m'a demandé s'il l'avait lu et s'il avait réagi, j'ai répondu que je n'en savais rien et qu'il n'avait, jusqu'alors, pas pris contact avec moi.

Depuis hier matin, j'en sais un peu plus.

C'est la RTBF qui l'annonce ce jeudi matin aux infos régionales : la direction d'Arcelor a fait livrer un exemplaire de « L'homme qui valait 35 milliards » à Londres lors de sa sortie en Belgique et a fait traduire le livre en six heures en anglais pour le Président (qui n'est autre que Lakshmi Mittal, personnage du livre).

Cette info me laisse rêveur : 6 heures pour traduire 288 pages, cela tient de l'exploit ou de l'exploitation ! Un traducteur littéraire professionnel aurait obtenu 3 mois de délai pour réaliser ce travail. Qui donc a les capacités de traduire aussi vite ? Steve Austin, l'homme qui valait 3 milliards lui-même, lancé à fond de balle ? Pas même. La réalité est qu'en six heures on doit pouvoir concocter un résumé rapide et repérer les passages les plus intéressants pour la première fortune d'Angleterre. Ceux qui parlent du personnage qui porte son nom, en d'autres termes.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Lire c'est bien. C'est très bien, même. Utiliser cette lecture comme excuse pour ne pas relancer l'activité sidérurgique, c'est autre chose.

Voici l'extrait du journal parlé de 7 h30, du jeudi 24/9/2009, où Michel Grétry raconte la réunion de comité de suivi entre direction et syndicats la veille chez ArcelorMittal à Liège. Il explique qu'on a surtout parlé de l'image de marque du site liégeois d'ArcelorMittal dans les médias pour le moment :

"C'est que les Liégeois n'ont pas bonne presse en haut-lieu. L'état major de la multinationale est chatouilleux comme dans toute société cotée en bourse, il cherche à contrôler l'information, soit. Mais cette volonté prend des formes insoupçonnées (...), lors de la parution du livre "L'homme qui valait 35 milliards", un roman surréaliste qui imagine l'enlèvement du grand patron en personne d'ArcelorMittal, l'ouvrage aurait été commandé et apporté le jour-même au siège londonien de la firme et le texte traduit en quelques heures pour que le Président puisse en prendre connaissance. Vraie ou fausse, l'anecdote a servi d'argument pour justifier les hésitations d'ArcelorMittal à s'investir en Région wallonne. Un bouquin peut-il vraiment bloquer une coulée d'acier? C'est difficile à croire. Il serait temps sans doute de revenir à des logiques plus industrielles."

Après vérification auprès de plusieurs journalistes, les sources concordent : la direction d'ArcelorMittal fait croire que la sortie de mon roman (le 27 août 2009, faut-il le rappeler) est un des éléments qui empêchent la réouverture des sites sidérurgiques liégeois aujourd'hui ! Je suis sidéré.

Suis-je le seul à me souvenir que la fermeture de la phase à chaud dans le bassin liégeois a été annoncée officiellement dès 2003 par ArcelorMittal et que la société n'a jamais vraiment changé de cap depuis. La réouverture ? Mais c'est de la poudre aux yeux pour éviter une réaction des ouvriers dans la rue. On les licencie par tranche d'un millier pour éviter l'affrontement et diviser les troupes. La stratégie est vieille comme le licenciement mais elle marche toujours.

Mon roman serait responsable de la fermeture des haut-fourneaux décidée 6 ans avant sa sortie ?

Comme quoi, on peut faire partie du management d'un groupe sidérurgique et confondre des notions aussi simples que la cause et la conséquence !

Non, mon roman n'a pas provoqué la fermeture mais l'annonce de la fermeture a par contre mis en branle l'envie de l'écrire...

 

21/09/2009

Petit-déjeuner à la librairie où les playmobiles font leurs courses !

Si vous avez regardé la bande-annonce ci-dessous, vous connaissez la librairie Mots et Cie, à Carcassonne, où les playmobiles vont acheter "L'homme qui valait 35 milliards".

Ce samedi 26 septembre, Mehdi, le libraire dynamique et de bon conseil, vous invite pour un petit-déjeuner littéraire à partir de 10h30. Au menu : cake de roman, café au canular et tarte à la crème bien fouettée pour lancer sur les grands patrons de passage. Ça se passe donc à Carcassonne, chez Mots et Cie, rue Armagnac.

Bienvenue à toutes et tous !

Prochaines étapes de la tournée :

  • Toulouse, à la librairie l'Autre Rive, le vendredi 16 octobre en fin de journée
  • Bruxelles, à la librairie Filigranes, le jeudi 29 octobre, de 18 à 20h
  • Liège, à la librairie L'échapée belle, le vendredi 30 octobre, de 17h30à 19h30