21/02/2009

Bienvenue sur le blog totalitaire

Tout aura été permis au cours de la campagne qui a mené à la consultation populaire à Liège demain matin.

Dernière péripétie en date : je découvre qu'on reproche au mouvement citoyen et aux initiateurs de la demande de consultation d'avoir fait preuve d'une "pensée totalitaire". En quoi ? Ce n'est pas expliqué avec précision...

On reproche aux initiateurs d'avoir fait preuve de trop d'enthousiasme, d'avoir cru en leurs idées, d'avoir été convaincants, persuasifs, au point de faire plier l'opinion publique et de contraindre les élus locaux à revenir sur leurs déclarations et décisions.

En quoi est-ce totalitaire ?

Ils n'ont pas laissé suffisamment de place au débat et à la contradiction ?

Allez, mieux vaut en rire ! Les commentaires des blogs ont toujours été ouverts, les pages des journaux également, la parole est offerte à chacun et c'est le silence des défenseurs du NON qui est incompréhensible, pas la ferveur des  enthousiastes.

Pour terminer, avant de vous laisser aller voter demain matin, si ce choix vous concerne, je voulais juste signaler au passage qu'on m'accuse et me reproche d'avoir pris la parole dans ce dossier.

On me reproche d'avoir ouvert ma gueule. A lire certains commentateurs, un écrivain ne devrait pas faire des choses pareilles.

Un bon écrivain, à Liège est-il un écrivain mort ou un écrivain muet ?
Mort et muet, voilà l'idéal, sans doute.

Allez, votez en votre âme et conscience demain. Comme je l'ai déjà dit, dans un grand élan totalitaire dont je suis coutumier, votez oui ou votez non mais votez. Si vous ne vous exprimez pas demain, ne vous plaignez pas ensuite des décisions qui sont prises dans votre dos tout le reste du temps.

Mais je vous connais, amis lecteurs, vous n'aurez pas envie de grasse-matiner demain jusqu'à 13h.

Un réveil démocratique, ça fait du bien à tous, même un dimanche de carnaval.

PS : selon la bonne habitude totalitaire, les commentaires de cette note sont ouverts ;-)

22:20 Publié dans Liège | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : liège, politique, débat, littérature, consultation populaire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

Commentaires

Monsieur Ancion,

Je me permets de vous répondre rapidement puisque vous m'y invitez sur la plate-forme facebook, à la suite d'un différend qui a semble-t-il suscité la présente note.

Pour que les lecteurs n'en ignorent, la discussion où nous nous opposions était relative à la constatation - faite par un tiers - que le "non" ne faisait pas campagne dans le cadre de la consultation populaire Liège 2015. J'y écrivais ceci, que je reproduis textuellement:

"C'est une des choses que je reproche au mouvement "Liège 2015" - ce qui ne veut pas dire que tous ses membres s'en sont rendus coupables -, c'est d'avoir imposé une forme de pensée totalitaire, dont les opposants étaient nécessairement traîtres ou vendus, et en tout cas à exclure comme de mauvais citoyens.

Je n'oublierai par exemple pas de sitôt votre ami écrivain."

Vous avez pris la mouche, estimant que cette remarque vous visait - vous aviez raison - et qu'elle était faite dans votre dos - vous aviez tort, car je savais que vous aviez accès au profil où elle était faite.

Je rappelle ceci car le billet que vous venez de poster sur le présent blogue -et auquel je réponds ici- fait preuve de tous les raccourcis que je critique, en vue, non de répondre à la contradiction, mais, encore une fois, de la disqualifier.

Vous écrivez ainsi: "je découvre qu'on reproche au mouvement citoyen et aux initiateurs de la demande de consultation d'avoir fait preuve d'une "pensée totalitaire". En quoi ? Ce n'est pas expliqué avec précision...".

Or, les initiateurs de la campagne n'étaient pas visés, ni explicitement, ni implicitement par ma remarque. Je précisais d'ailleurs bien que tous les membres du mouvement n'avaient pas cédé à cette pensée, que j'ai qualifiée de totalitaire. Vous détournez donc la critique - c'est facile et toujours efficace (mais faites attention, c'est une pratique politicienne, vous apprenez vite) – pour mieux la vilipender.

Le concept de "pensée totalitaire" n'aurait pas été expliqué avec précision, dites-vous. Oh, il est vrai que nous n'avons pas consacré à cette question le temps d'une thèse de doctorat. Mais le sens à donner au qualificatif était pourtant bien explicite, puisque je précisais ainsi que j'entendais par là une forme de pensée, « dont les opposants étaient nécessairement traîtres ou vendus, et en tout cas à exclure comme de mauvais citoyens. ».

Or, appeler Vrbi et orbi à exclure un membre démocratiquement élu du conseil communal d'une commission permanente de celui-ci, parce qu'il a publiquement expliqué pourquoi il voterait non à une consultation populaire (http://ancion.hautetfort.com/archive/2008/12/24/quand-un-oui-vote-a-l-unanimite-cache-des-non-mal-deguises.html), ou écrire d'un organe politique qui a pris une décision qui ne vous plaît pas qu'il est « comme un gros tas de foin. Vous l'arrosez un peu, ça devient du fumier. Vous lui tendez un bon cigare et tout s'envole en fumée. Si vous n'y touchez pas, c'est juste bon à donner comme fourrage aux bestiaux. » (http://ancion.hautetfort.com/archive/2008/05/27/liege-2015-l-aiguille-qui-fait-vaciller-la-meule-de-foin.html) fait bien montre d'une pensée totalitaire, au sens où je l'exposais. Car, pour vous, exprimer un doute, une opposition, une contradiction ou -comble de l'horreur- constater qu'un parti politique démocratique n'est pas unanime (http://ancion.hautetfort.com/archive/2009/02/16/liege-2015-quand-les-langues-se-delient1.html), est nécessairement être traître ou vendu et, dans la foulée, être un hypocrite à la solde de l'étranger (montois, bruxellois, dirupien... ce qui est fascinant d'ignorance lorsque vous parlez de Jean-Maurice Dehousse).

Enfin, vous concluez par une déclaration hallucinante: « Pour terminer », écrivez-vous, « (...) je voulais juste signaler au passage qu'on m'accuse et me reproche d'avoir pris la parole dans ce dossier. On me reproche d'avoir ouvert ma gueule. A lire certains commentateurs, un écrivain ne devrait pas faire des choses pareilles. Un bon écrivain, à Liège est-il un écrivain mort ou un écrivain muet ? Mort et muet, voilà l'idéal, sans doute. ».

J'espère que ce n'est pas moi que vous visez ainsi, car je ne vous ai jamais reproché de parler, mais bien de dire des bêtises, ce qui, vous devriez en convenir, n'est pas tout-à-fait la même chose. Et encore n'ai-je jamais – ni personne à ma connaissance mais soyez plus explicite alors – suggéré que l'on vous interdise d'en dire.

Si nous étions sur un ring, c'est ici que je devrais décocher mon trait final. J'en ai médité quelques uns, j'en ai écrit d'autres. J'ai fini par les effacer, car je ne veux pas entretenir la guerre, fût-ce pour un bon mot. Je souhaiterais juste que, ce lundi 23 février, quel que soit le résultat, vous preniez une bonne douche froide et réfléchissiez honnêtement à cette question: peut-on être à la fois honnête et s'interroger sur l'opportunité et la faisabilité de Liège 2015? Si vous arrivez à la conclusion que oui, relisez alors tout ce que vous avez écrit depuis le début de cette affaire en vous mettant à la place des gens que vous n'avez cessé d'agresser. Si vous arrivez à la conclusion que non, c'est que nous n'avons décidément rien à nous dire, à penser et à rêver ensemble.

Je vous prie de croire, Monsieur Ancion, en l'assurance de mes sentiments distingués.

Firass Abu Dalu

Écrit par : Firass Abu Dalu | 21/02/2009

Cher Firass,
Amusant de voir que vous prenez pour une attaque personnelle ce qui ne vous concerne qu'en partie. Ce n'est pas vous personnellement que je vise, d'ailleurs je ne vise rien en ne tire sur personne, je n'ai pas de cible à abattre, juste des choses à dire.
J'ai écrit cette note en réaction à ce que vous aviez écrit sur Facebook (et que je vous remercie d'avoir répété ici, je ne me permets pas de copier des propos tenus par d'autres sans leur accord) mais aussi à bien d'autres réactions publiées ailleurs, notamment dans une série d'interviews réalisés par la Libre, et dans les forums de plusieurs journaux.
On peut m'accuser de beaucoup de choses mais extraire des phrases du raisonnement et du contexte pour me faire passer pour poujadiste ou totalitaire est un exercice peu recommandable. Je ne pense pas qu'exprimer sa pensée, en son âme et conscience, avec rage et ferveur, soit un travers punissable.
Je ne polémiquerai pas non plus pendant des heures car je ne souhaite la guerre avec personne et que j,ai pour habitude d'arrondir les angles et de préférer la pirouette drôle à l'empoignade. Une manière salutaire à mes yeux de se respecter soi-même est de ne pas se prendre au sérieux.
Cependant, je persiste à croire, comme je le penserai encore lundi, que Liège ferait une très bonne capitale en 2015. Au moins aussi bonne que Mons (vous voyez, je n'en ai pas profité pour dire du mal de Mons ou de qui vous croyez que j'aime à attaquer ;-), au moins aussi bonne que bien d'autres. La question que je me pose de plus en plus à mesure que le temps avance est de savoir si cette entreprise est réalisable dans les conditions actuelles, c'est-à-dire avec une série d'acteurs majeurs qui font tout pour empêcher que ce rêve devienne réalité.
Quand j'apprends que Serge Rangoni, directeur du Théâtre de la Place, seul lieu professionnel théâtral d'envergure européenne à Liège, trouve qu'il n'a pas à répondre aux questions d'un quotidien au sujet du dossier, je me dis qu'il y a encore bien des travers à dénoncer dans tous ces arrangements entre amis qui se font sur le dos, non pas du peuple mais du bon sens.
Oui, Liège ferait une bonne capitale en 2015.
Non, les gens à qui on a confié la responsabilité de diriger la ville et de piloter ses institutions ne sont pas tous à la hauteur de cette ambition.
Certains le sont et le dossier leur a permis de le prouver. D'autres ne le sont pas et, depuis le début de la polémique, ils n'ont fait que s'enfoncer.
Voilà mon sentiment pour ce soir.
Enfin, je voudrais tout de même clarifier un point : je ne pense pas que j'aie agressé grand monde avec mes propos depuis le début de cette affaire. Que j'en aie gêné plus d'un, je le comprends aisément. Mais les piques que j'ai lancées n'étaient pas des agressions, elle répondaient tout simplement aux manifestations récurrentes de mépris et d'impunité de certaines personnes vis-à-vis des citoyens.
Je ne parle même pas des artistes car, de mon point de vue, toute cette polémique est avant tout une question de démocratie. Le fait que cela touche la culture n'est qu'un détail jusqu'à demain.
Mais s'il s'agit de monter le dossier pour mars, il va falloir changer de registre et se demander qui peut transformer le dossier pâlichon en candidature alléchante, qui peut être assez frais après toutes ces polémiques pour amener des idées fortes et des propositions séduisantes.
Et il faudra peut-être admettre, à ce moment-là, que les bonnes personnes pour prendre ce travail en charge ne sont peut-être ni liégeoises ni affiliées aux tendances politiques qui dirigent la ville.
On y reviendra sans doute dès lundi...

Écrit par : Nicolas Ancion | 21/02/2009

Monsieur l'écrivain,

Vous écrivez qu'il serait "amusant" que j'aurais pris votre billet "pour une attaque personnelle".

Je me permets tout de même de rappeler que c'est vous-même qui m'avez invité à y répondre, avant même que je ne le lise et n'en connaisse par hypothèse le contenu. J'en ai conclu sans malice que j'y avais à voir... Excusez-moi d'avoir fait montre de rationalité, dans un débat où elle ne devait sans doute pas avoir sa place.

F.A.D.

PS: m'accuser de sortir les phrases du contexte alors que je cite la source complète de vos billets pour permettre au lecteur de se faire une idée est pour le moins audacieux (au demeurant, la seule phrase citée de vous - celle au fumier - me semble valoir par elle-même). En revanche, je serais curieux de connaître la référence exacte des articles de La Libre qui vous auraient malmené.
PS2: ajoutez y la référence aux "forums de plusieurs journaux", tant que nous y sommes. Juste par curiosité intellectuelle. Et qui sait, peut-être si vous y êtes agressé à tort irais-je vous y défendre?

Écrit par : Firass Abu Dalu | 22/02/2009

Merci Firass pour votre compassion ;-)
Les modérateurs du Soir ont pris soin de supprimer de leurs forums plusieurs attaques personnelles et insultantes dont j'ai été l'objet il y a quelques semaines. On peut encore lire la réaction des lecteurs mais plus les commentaires déplacés.

Écrit par : Nicolas Ancion | 22/02/2009

Monsieur Firass Abu Dalu,

Finalement peu importe que Liège aie une stature potentielle pour devenir capitale européenne. Si Elio Di Rupo était bourgmestre de Liège, vous ne vous seriez même pas posé la question ... et ce mouvement citoyen n'aurait même pas dû exister.

Jpoleke

Écrit par : jpoleke | 22/02/2009

Georges Simenon donc un bon écrivain liégeois. Il s'excuse de ne pas avoir participé au vote, retenu par d'autres obligations.

Écrit par : Ferocias du Blog Les Peuples du Soleil | 24/02/2009

L'écrivain liégeois idéal. S'exile, devient célèbre, meurt mais, à la fin de sa vie, revient, nostalgique, sur les trottoirs de son enfance. Puis offre ses archives à l'Université de Liège. Un parcours sans faute ;-)

Écrit par : Nicolas Ancion | 24/02/2009

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