05/03/2009
Les rendez-vous de la Foire du Livre 2009
Comme Georges Flipo l'expliquait dans une note de blog mémorable parue sur Mot compte double, quand on est dans le métier, on ne dit pas la foire du livre de Bruxelles, on dit « la Foire » tout simplement (il n'y en qu'une, on ne va pas confondre avec celle de Libramont ou avec le concurrent Batibouw, qui se déroule aux mêmes dates), de même que les Parisiens disent « le Salon » pour le Salon du Livre de Paris. De toute façon, la Foire, c'est à Tours et Taxi, au bord du canal, dans ces vieux bâtiments de dédouanement, que j'aime beaucoup, où la lumière tombe sur les livres, à travers les verrières industrielles. Il y a de l'air et de la place, sauf le dimanche après-midi, peut-être, et encore.
Ah, zut, cette année, c'est justement à ce moment-là qu'on pourra s'y retrouver.
Voici le programme, en ce qui me concerne (pour le reste, référez-vous au site de la Foire il est enfin à jour) :
- Dimanche 8 mars à 12 h, dédicace sur le stand Mijade (pour Carrière solo).
- Dimanche 8 mars à 14 h 30, débat « Peut-on rire de l'université ? » avec Kroll et Bernard Rentier, animé par Marc Vanesse; suivi d'une séance de dédicaces avec Kroll sur le stand des Éditions de l'Université de Liège (pour Retrouver ses facultés, bien entendu)
- Dimanche 8 mars de 16 à 18 h, dédicace sur le stand Pocket (pour Nous sommes tous des playmobiles)
- Lundi 9 mars à 12 h, dédicace sur le stand Mijade (pour Carrière solo).
On s'y retrouve ?
Avec plaisir !
17:42 Publié dans Rencontres publiques | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : foire du livre, bruxelles, 2009, littérature, dédicaces, kroll, nicolas ancion |
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Les Académiciens belges font preuve d'humour et d'autodérision
Les éminents membres de l'Académie royale de langue et de littérature ne sont pas rancuniers et le moins qu'on puisse dire est qu'ils ont un sens poussé de l'autodérision. En effet, voilà que j'apprends par un joli courrier frappé du sceau de cette vénérable institution que l'Académie attribue le Prix Franz De Wever à mon recueil de nouvelles « Nous sommes tous des playmobiles ». Voilà le genre de courrier qui me réjouit !
La remise des prix aura lieu ce vendredi à 18h au Plais des Académies et je ne pourrai y être car on m'a prévenu un peu tard.
La question qui se pose, tout de même est de savoir si l'on va lire un extrait du livre primé lors de la cérémonie.
Ce serait tout de même amusant de donner en lecture un passage comme celui-ci :
« Bruxelles n'a pas bronché. Elle a dû nous voir, pourtant, enfourner notre colis gigotant dans le fourgon blanc. Elle nous a vus nous asseoir à l'avant, faire chauffer le diesel puis démarrer. Elle a sûrement remarqué qu'on allumait l'autoradio et, si elle a de bonnes oreilles, elle a pu entendre que le présentateur interrogeait l'autre guignol de notre académie locale, l'Académie Royale comme elle s'appelle. Il parlait bien un bon français bien propre, sûr qu'on pourrait le rediffuser sur France Culture le lendemain sans choquer personne. « Je suis d'autant plus inquiet au sujet de cette disparition que notre éminent Académicien effectuait le déplacement depuis Paris expressément pour participer à notre journée de débats sur le Surréalisme en France et en Belgique,... » Surréalisme mon cul. C'est pas à Bruxelles, à moins de cinq cents mètres de la Fleur en Papier Doré qu'on nous fera avaler celle-là. Tous ces costardeux du Palais des Cacadémies, ils ne l'ont jamais vu le Surréalisme. Ils ont lu ce que d'autres en ont dit, peut-être, et encore, du bout des lunettes et avec des gants de cuisine pour pas se salir les doigts. Qu'est-ce qu'ils vont nous raconter? Qu'ils viennent de s'inscrire au Parti Communiste de Belgique, qu'ils ont bouffé de la mescaline dans leur chambre à coucher avec Michaux ou qu'ils ont tué un homme pour faire comme Arrabal ? Ah, non, bien sûr, le Surréalisme, c'est un mouvement, c'est une époque. Alors ils vont nous raconter comment ils ont plié leurs petits papiers, ces si exquis cadavres que les jeunes filles aiment tant, comment ils ont osé, une fois, laisser leur stylo Mont Blanc pondre deux phrases sans véritable arrière-pensée. Allez, les charognards, radotez là-dessus, si ça vous chante, nous on vous prépare un cadavre des plus exquis. »
Peu de textes ont dû se montrer jusqu'ici aussi virulents envers l'Académie française, en tout premier lieu, et à l'endroit de sa petite sœur belge, logée rue Ducale, à quelques centaines de mètres du Palais royal. J'étais déjà très amusé que cette nouvelle, Bruxelles insurrection, qui fut téléchargée plus de dix mille fois en version PDF du temps où je la diffusais gratuitement en ligne, figure dans un recueil disponible en librairie. J'étais flatté d'apprendre que ce recueil figurait parmi les trois finaliste du Grand Prix de l'Humour noir en 2008 (en compagnie de Robbe-Grillet et de Jean-Bernard Pouy, qui a obtenu le prix) mais je suis vraiment ravi que l'Académie le couronne.
C'est vraiment la récompense la plus inattendue qui soit.
Elle me donne des idées. Pour remporter le Goncourt l'année prochaine, je vais écrire un roman sur l'hygiène de chez Drouant, les couches bio taille adulte qu'on y trouve dans les toilettes pour les cas où les délibérations s'éternisent, les coucheries entre jurés, puis je les insulterai copieusement, eux et leur fonction, avec toute la mauvaise foi dont je suis capable.
Je n'aurai peut-être pas le Prix, en fin de compte, mais je me serai bien amusé.
C'est sans doute pour cela que les Académiciens belges ont bien aimé le recueil : il est plein d'humour. Juste comme eux, au fond !
11:27 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : académie, franaçaise, royale, littérature, prix littéraires, franz de wever, nicolas ancion |
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03/03/2009
Lysiane D'Haeyère rejoint Gaston Compère et bien d'autres
C'est la première éditrice que j'ai rencontrée, alors que j'étudiais encore à l'Université : elle était venue accompagner Rossano Rosi pour la présentation de son roman à la Librairie Pax. Petite, cheveux blancs, grandes lunettes, un caractère marqué et une propension à prendre la parole quand on ne la lui donnait pas. C'était un personnage.
Quelques années plus tard, c'est elle qui m'a fait entre dans le monde de l'édition : j'ai été, pendant près de deux ans, le seul employé des Eperonniers, sa maison d'édition, où elle poursuivait son travail de repérage d'auteurs de littérature contemporaine, toujours à Bruxelles alors que tout le monde, les médias et l'ensemble du monde littéraire en général, ne jurait que par Paris.
Dans son catalogue il y avait bien sûr les restes des Editions Jacques Antoine : André Baillon, Odilon-Jean Périer, Franz Hellens, Michel de Ghelderode... mais il y avait aussi quelques noms aujourd'hui devenus prestigieux : Henri Bauchau, François Emmanuel, Claude Javeau, Gaston Compère, Nicole Malinconi, Karel Logist... ou Liliane Wouters.
Elle adorait par-dessus tout avoir le bonheur de rencontrer un vrai auteur. Je me souviens l'avoir entendue défendre et promouvoir les textes de Denis-Louis Colaux, ceux d'Otto Ganz, la poésie de Serge Delaive et de Carl Norac, le roman de l'angolais Pepetela.
Elle était paradoxale à plus d'un titre, elle adorait les auteurs et ne les traitait pas toujours bien. On l'accusait à tort de toucher des subsides monumentaux alors que tout son patrimoine personnel a été investi à perte, année après année, dans des caisses de livres, dont beaucoup aujourd'hui prennent la poussière.
Nous nous sommes souvent pris la tête, dans notre bureau chauffé au charbon sur le site de Tour et Taxis, notre collaboration a été très houleuse sur la fin mais je sais que c'est elle qui m'a appris l'essentiel : le vrai travail du manuscrit, les fondamentaux du travail d'éditeur sur le long terme, la rage de croire que la qualité est le seul moyen d'exister sur le long terme.
Elle ajoutait à cela, du haut de ses 73 ans, une mémoire sans pareil pour l'histoire de l'édition en Belgique. Elle connaissait tout le monde, jusque dans leurs plus petits défauts. Elle ne se laissait pas avoir par la poudre aux yeux et les effets marketing qui menaçaient peu à peu d'engloutir le métier d'éditeur derrière des torrents de promotion et de publicité tapageuse.
C'était une éditrice.
Je suis fier d'avoir été son dernier employé.
00:00 Publié dans Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : lysiane d'haeyere, les eperonniers, édition, deuil, littérature |
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02/03/2009
Comment faire l'interview d'un auteur sans se fatiguer
Ce week-end, j'ai reçu en deux jours trois mails différents d'élèves qui devaient « interviewer un poète ». Le premier était une avalanche de questions, qui auraient pu aussi bien s'adresser à Alfred de Vigny ou à Maurice Carême qu'à moi, je n'ai donc pas répondu du tac-au-tac, je me suis dit que j'attaquerais ça plus tard, au calme. Mais le deuxième est du coup arrivé dans ma boîte, il était un peu plus personnel mais j'y ai reconnu, mot pour mot, quelques unes des questions qui figuraient dans le premier envoi. Ce deuxième émetteur s'excusait de devoir me presser de répondre très vite car « un premier poète, après avoir promis de répondre, venait de les laisser tomber ». Le troisième mail me demandait la permission de m'envoyer les questions, je n'ai pas attendu de les recevoir, j'ai pris mes réponses aux questions des deux premiers et je les lui ai transmises.
Du coup, je me suis fait quelques réflexions.
A l'attention des enseignants, d'abord :
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Quel est l'intérêt de demander à plusieurs élèves d'envoyer séparément une liste de question à peu près identique à des auteurs ?
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Quel enjeu pédagogique y a-t-il à copier-coller une liste de questions et la balancer par mail à un auteur qu'on n'a pas lu ?
Aucun, à mon avis. Les élèves feraient mieux de lire quelques textes poétiques pour savoir à qui ils s'adressent avant de poser les questions, cela me semble une leçon importante à leur apprendre. Avant de prendre contact avec quelqu'un (que ce soit pour poser des question à un auteur ou pour envoyer son CV à une entreprise, la règle est la même), on se renseigne, on lit, on s'informe (avec Internet, de nos jours, cela ne demande même pas de vrai effort de recherche, tout arrive tout seul sur l'écran en rendant visite à Google), puis on tente de montrer qu'on sait à qui on s'adresse.
A l'attention des élèves ensuite :
Si vous avez la malchance de tomber sur un enseignant maladroit et peu subtil, soyez plus malin que lui. Même si on ne vous a pas précisé de le faire en classe, prenez le temps de mieux connaître la personne à qui vous adressez vos questions. Un auteur n'est pas un moteur de recherche, on ne lui balance pas une liste de questions (dont plusieurs se recoupent et sont redondantes), à charge pour lui de faire le tri, de choisir ce à quoi il a envie ou non de répondre.
Une anecdote m'est revenue à l'esprit
Quand j'avais 17 ans, j'ai eu la chance d'accueillir Jacques-Gérard Linze dans ma classe. Avec un copain, j'ai dû partir à Bruxelles en train pour rencontrer l'auteur chez lui rien que pour préparer l'interview qu'on allait faire de lui en classe. Il va de soi qu'avant de rencontrer l'homme j'avais avalé ses livres les uns après les autres. Ça m'avait pris quelques soirées, bien sûr, et ses romans n'étaient pas les plus faciles d'accès qu'on puisse imaginer, mais quel plaisir ensuite de discuter en connaissance de cause ! Quelle impression d'entrer dans le monde des adultes, d'être d'égal à égal avec l'auteur, lui dans son rôle d'écrivain, moi dans celui du lecteur attentif et intéressé.
On m'objectera que cette anecdote se déroulait il y a vingt ans. C'est vrai. Et alors ? Rien n'a changé depuis lors dans l'enseignement, les objectifs sont à peu près identiques et les moyens à mobiliser pour y arriver également. C.'est simplement une question d'exigence vis-à-vis de soi-même, avant tout, par respect de l'autre qu'on va rencontrer.
Je ne suis pas certain d'être clair, alors je vais encore préciser ma pensée : j'adore rencontrer des élèves, la question n'est pas là. Ce n'est pas l'idée qui me choque, c'est la manière de procéder.
Je ne souhaite plus soutenir une forme de paresse qui ne fait de bien à personne, celle qui consiste à faire semblant qu'on a fait son travail alors qu'on s'est juste contenter de pousser sur deux ou trois boutons d'une machine.
Sur les trois mails reçus ce week-end, un seul avait tenté (maladroitement, mais ce n'est pas grave) de mettre les formes : de présenter le cadre du travail, l'enjeu et les raisons pour lesquelles il s'adressait à moi. Les deux autres considéraient sans doute qu'il était du devoir de l'auteur de répondre à ce genre de demande voire, pire encore, qu'il fait partie du devoir des élèves de forwarder à des auteurs une liste de question présentée par le ou la prof en classe de français. Et qu'ils avaient donc bien fait leur devoir. Quelle horreur.
Afin que ce genre d'élèves n'ait plus à se fatiguer à m'envoyer des mails, je propose donc de poster ici une liste de questions/réponses qu'on peut présenter au prof pour faire croire qu'on a fait le travail demandé.
Quant à moi, j'aurais la sensation d'avoir fait le mien.
Une fois, mais pas trois, faut pas exagérer ;-)
Après avoir écrit ceci, mais avant de le publier, je reçois un quatrième mail qui dépasse toutes les bornes :
« Je voudrais vous demander si c'était possible de m'envoyer un de vos poèmes (pour pouvoir faire une analyse complète) car sur internet je ne trouve pas de poèmes qui viennent de vous. A part un (Le mal du ùatin) mais celui-là est trop long. »
Autant vous dire que ma réponse n'a pas dû lui plaire.
Finalement, je renonce, pour le moment, à publier une liste de questions-réponses.
J'en ai assez d'être gentil et accueillant pour des élèves pareils. Je vais plutôt m'acheter un fusil et du poivre pour leur tirer aux fesses s'ils osent encore s'approcher de ma poésie... Non mais!
23:25 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : ecole, lycée, poésie, littérature, enseignement, interview |
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Réultats du classement Wikio de mars
Je vais finir par ériger cette pratique en tradition, chaque début de mois, je vais poster une note de blog qui parle du classement Wikio. Je pourrai ainsi faire croire que je fais partie des 20 heureux élus qui connaissent le hit-parade avant tous les autres, qui savent qui sont les heures nominés et les malheureux relégués.
Heureux ou malheureux, tu parles !
Personnellement, je n'en sais rien et je m'en balance plutôt, je ne pense pas que le bonheur de quiconque soit lié à des notes et des scores, mais le principe d'apparaître dans les recherches Google, dans les deux prochains jours, comme détenteur du grand secret mensuel, m'amuse vraiment. Ça me rappelle les concours de Google ranking pour apparaître au top des recherches sur les « mangeurs de cigognes ». Idiot, sans intérêt mais drôle quand même. Celui-là, je n'y avais pas participé, à l'époque, je m'étais contenté de l'observer de loin, c'était déjà bien assez d'énergie gâchée...
Un peu comme le classement Wikio, d'ailleurs.
Qu'est-ce au fond que ce classement : une liste de blogs classés par ordre d'influence, comme si le seul but d'un blog était d'être contagieux et de contaminer les autres. De refiler des idées comme on propage un virus. De répandre sa pensée comme on épand le purin sur les champs...
Pour ma part, je persiste à considérer ce blog comme un panneau sur lequel je colle des post-it, certains parlent de livres (qui s'écrivent ou qui se lisent), d'autres ne parlent de rien, d'autres encore parlent du fait de ne parler de rien. Comme celui-ci, par exemple.
Bon, on se retrouve le mois prochain pour le classement d'avril ?
12:26 Publié dans Trucs en ligne que j'aime | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : wikio, top, classement, résultats, avril, mars, 2009 |
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