08/04/2010
Achève-moi donc cette nouvelle
Achève-moi, c'est l'invitation lancée par un formidable concours d'écriture ouvert à tous, dans le monde entier, à l'initiative de la Province de Liège.
Huit débuts de nouvelles, écrits par huit écrivains belges, sont proposés au public. Chacun est libre de choisir celui qui lui parle plus particulièrement et, avant le 15 mai, de rédiger la suite (et la fin) du texte en question.
Les auteurs qui vous proposent un bout de démarrage sont Christine Aventin, Luc Baba, Vincent Engel, Jean-Luc Fonck, Bernard Gheur, Caroline Lamarche et Grégoire Polet. Puis moi, aussi, c'est vrai.
Pour montrer le bon exemple, je vous propose ici le début de texte que j'ai rédigé, en espérant que cela vous donne envie d'écrire la suite !
Si on t'avait dit qu'un jour, tu marcherais à pied, le long de la route, avec un jerrycan d'essence au bout du bras, tu ne l'aurais pas cru. Pas sur la nationale qui passe derrière chez toi, pas à cinq minutes à pied de ta villa. On tombe en panne au bout du monde, au coin d'un bois, au bord d'une falaise, aux portes du désert, pas dans l'allée de son garage, entre le portillon électrique et la boîte aux lettres. Pourtant, cette nuit, tu marches et tu sais que la station-service la plus proche est à douze kilomètres. Une fameuse distance, à tailler dans le noir, guidé par la peinture blanche au bord de la route, la silhouette des poteaux parfois et la lumière aveuglante des phares, de temps à autres.
Les voitures te dépassent sans s'arrêter.
Un homme seul au bord de la route, ça fait peur. On appuie sur la pédale, le moteur gronde et toi, toujours silencieux, tu vois les feux rouges s'éloigner, rapetisser puis disparaître. Tu marches sans tourner la tête et cette solitude te fait un bien fou. Même si le bidon de plastique pèse dans ta main, même si le bruit de l'essence secouée flique et floque au rythme de tes pas, tu savoures le calme de cette route de nuit.
Tu te demandes d'ailleurs pourquoi tu marches si rarement, pourquoi, comme tous les autres, tu t'assieds derrière ton volant pour le moindre déplacement. Sans doute parce qu'on a toujours payé ta voiture, ton essence, ton assurance. Parce que tu travaillais pour une des plus grosses compagnies pétrolières aussi. Tu roulais en quatre-quatre comme tu portais la cravate, le costume trois pièces et les valises pleines de billets pour graisser les rouages des administrations un peu poussiéreuses. Tu en as vu, du paysage : des pays sans touristes en Asie du Sud-Est, des coins reculés en Afrique et des anciennes républiques soviétiques, dont tu n'as pas même retenu les noms; tous ces paysages, tu les as regardés de haut tandis que ton jet atterrissait, puis défiler derrière les vitres teintées des voitures de fonction, avec chauffeur et air conditionné, tu avais de la chance, c'est ce que tout le monde disait autour de toi, un boulot bien payé, qui te faisait voyager, un employeur royal, qui n'avait jamais hésité à récompenser ta fidélité : vacances au Vanuatu, aux îles Fidji, à la Barbade, tu aurais pu te lasser des îles et des mers vertes mais tu as profité de tout ça sans compter et tu n'as jamais imaginé que tout cela pourrait avoir une fin.
(à suivre... mais c'est à vous de vous charger de la suite)
Et si l'envie vous vient de participer au concours d'écriture, rendez-vous sur le site http://www.achevemoi.be pour obtenir tous les rensignements pratiques.
14:28 Publié dans Trucs en ligne que j'aime | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : achève-moi, concours, nouvelles, écriture, liège |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer
Femmes de lettres

J’ai toujours aimé les bibliothèques publiques.
Gamin, j’y trouvais les Arsène Lupin et les Agatha Christie que je dévorais à longueur d’après-midi. Plus tard, j’y empruntais des livres par sac entier, que je ramenais en retard, sous l’œil complice des bibliothécaires, qui me laissaient rentrer mes piles en douce. Aujourd’hui, ce sont les livres des enfants qui s’entassent à la maison, venus de trois bibliothèques différentes, mais les lieux n’ont pas vraiment changé.
Derrière le comptoir, il y a presque toujours une femme qui a choisi de vivre non seulement au milieu des bouquins mais aussi très près des gens. Parce qu’une bibliothécaire, ça ne se contente pas de ranger les livres, ça vous aide aussi à mettre de l’ordre dans votre mémoire : « J’avais emprunté un livre l’année dernière pour partir en vacances, vous voyez, avec un policier et un avocat qui meurt à la fin. Vous ne vous souvenez pas du titre ? » Bien sûr que la bibliothèque se souvient : peut-être pas du titre, peut-être pas du livre, elle se souvient de vous, de vos questions amusantes, du malin plaisir que vous avez à déplacer les livres d’un rayonnage à l’autre, du bonheur de vous voir débouler avec vos trois neveux en cagoule, au milieu de l’hiver.
Dans un monde qui se replie sur lui-même, les bibliothèques publiques restent des lieux d’accueil, où chacun est le bienvenu. Grâce aux bibliothécaires, bien entendu, qui animent les lieux et en font de vrais espaces de rencontre ; grâce à elles que des milliers de lecteurs plongent chaque jour leurs yeux amoureux dans les pages de livres inconnus.
Merci à toutes ces passeuses de bonheur !
Ce texte, que je viens de retrouver dans mon disque dur de sauvegarde, a été publié dans la chronique "Vous les femmes" que je tenais en 2006-2007 dans l'hebdomadaire Femmes d'Aujourd'hui. L'hebdo existe toujours mais ma chronique a volé à la trappe, il y a bien longtemps de cela.
07:42 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bibliothèques publiques, lecture, livres, littérature, enfants |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer
07/04/2010
Une nouvelle disponible sur ONLiT
Le site littéraire ONLiT, animé par Benoît Dupont (Edgar Kosma derrière son clavier), vient de publier une courte nouvelle que j'ai écrite. Elle est disponible en libre accès, n'hésitez pas à aller la lire, si vous en avez l'envie.
Je vous copie ici le début du texte, libre à vous de filer ensuite sur ONLiT pour découvrir la fin !
Senteurs d'été
Le problème, avec les femmes que j’aime en été, c’est qu’elles puent. Une odeur forte, une odeur de cire moisie, de cave humide et de terre qu’on retourne.
Peut-être que je les choisis mal, peut-être que je ne sais pas les entretenir, n’empêche, suffit que je m’endorme à leur côté pour que je me réveille au milieu de la nuit, le corps trempé, le front ruisselant, le nez rempli de cette odeur de viande pas fraîche.
En hiver, je n’ai pas les mêmes problèmes, je dors la fenêtre ouverte et la fraîcheur du soir les aère sans effort. Mais en été, c’est pas pareil.
13:44 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nicolas ancion, senteurs d'été, littérature, nouvelle, écriture, été |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer
06/04/2010
Envie d'écrire dans un château ?
Vous rêvez de vous faire inviter dans un château pour écrire ?
Ce n'est pas impossible. Il suffit d'avoir un projet d'écriture et d'avoir déjè publié au moins un livre. Alors qu'attendez-vous pour lire la suite ?
Ecrire dans un château, 4e édition: du 9 au 27 août 2010
Attention: date limite de soumission des candidatures:
30 avril 2010
Situé à l’orée de la forêt d’Anlier, le château du Pont d’Oye se transforme en résidence internationale d’auteurs durant une session de 19 jours.
Du 9 au 27 août 2010, onze auteurs (romanciers, poètes ou dramaturges d’expression française, déjà publiés au moins une fois) pourront donc séjourner dans cette résidence du XVIIIe siècle, chargée d’une très longue tradition littéraire, afin de mener à bien un manuscrit en cours. Sept auteurs (belges, français et luxembourgeois, en vertu de bourses octroyées par la Communauté française de Belgique, la Région française de la Lorraine et le ministère de la culture du Grand-Duché de Luxembourg) ainsi que deux auteurs québécois - pris en charge par la Province de Luxembourg - sont sélectionnés par un jury « Grande Région » composé de neuf femmes et hommes de lettres. Par ailleurs, afin de permettre à des artistes de Port-au-Prince de reprendre leur travail dans des conditions paisibles, Wallonie-Bruxelles International (ex CGRI) finance le séjour de deux auteurs haïtiens (comme ce fut le cas en 2009 et après accueilli le Mali, le Bénin et le Congo).
L’offre faite aux auteurs est de travailler dans la beauté calme d’un vaste cadre forestier et en régime de chambres d’hôtes.
Véritable ruche littéraire – les auteurs résidents bénéficiant d’un temps d’échanges lors du repas du soir –, la résidence du Pont d’Oye a ceci de spécifique qu’elle convoque toute la chaîne textuelle. En témoigne la lecture spectacle du 22 août 2010: il s’agit en fait d’un parcours à la fois musical et littéraire assuré par des comédiens professionnels, ouvert au plus large public, à d’autres auteurs, à des professionnels de la scène et autres responsables culturels. A mi-parcours de la résidence, le 17 août août, une soirée sera consacrée à une lecture de textes par les auteurs résidents eux-mêmes (soirée ouverte au public).
Le candidat à la résidence doit remplir deux conditions : avoir déjà produit au moins une œuvre littéraire éditée par un éditeur professionnel et avoir un manuscrit en cours.
Le dossier de candidatures doit comporter :
• une lettre de motivation
• un CV
• un extrait du projet d’écriture en cours (une page)
C’est au CRPO (Centre de rencontre Château du Pont d’Oye)
– à l’attention de Marie-Anne Lorgé ou de Louis Goffin
– que doivent parvenir les dossiers de candidature pour le 30 avril 2010 au plus tard, à l’adresse : 1, rue du Pont d’Oye, B/ 6720 – Habay-la-Neuve.
Infos par courriel : lh.goffin@skynet.be ou mlorge@netcourrier.com
19:16 Publié dans Ecriture | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : résidence d'écriture, littérature, candidature, château, lecture |
|
del.icio.us |
|
Digg |
Facebook | |
Imprimer












