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08/09/2011

Quand un éditeur papier chasse le gourou du livre numérique

 

Il y a une dizaine d'années de cela, je m'occupais du département d'édition numérique d'une maison d'édition belge. Dans ce cadre, j'avais monté un projet intitulé Babelexpress, soutenu par le programme culture de l'Union européenne, qui mettait gratuitement à disposition du public sur le web, des textes des 103 auteurs européens qui avaient pris part au fabuleux Train de la Littérature durant l'été 2000.

(Il faudra un jour que je prenne le temps de raconter cette merveilleuse aventure de train – je l'avais fait jadis pour le journal Le Soir mais j'ai perdu les fichiers lorsque mon site web a été supprimé par l'hébergeur.)

Chaque auteurs, originaire d'un des 48 pays du continent, du Liechtenstein à l'Islande, de l'Arménie à la Biélorussie, avait écrit dans sa langue maternelle deux textes (cela amenait un total de 57 langues différentes) et ces textes avaient été traduits en russe, espagnol et allemand. Au total, il y avait 4 versions linguistiques des 206 textes, soit près de 800 textes littéraires mis à la disposition du public.

Michael Hart, qui est décédé hier, m'avait contacté lors de son passage à Bruxelles. Il avait eu vent du projet et voulait intégrer ces textes à ceux du projet Gutenberg, qui comptait déjà des milliers de textes, surtout en anglais, à son grand regret, et visait à mettre la littérature à disposition de tous sous format numérique, dans le monde entier.

Nous avions rendez-vous à la Foire du Livre de Bruxelles, sur le stand de l'éditeur pour lequel je travaillais. Souriant, ouvert et très décontracté, il portait quelques sacs en bandoulière autour de son embonpoint très nord-américain, puis des sandales, un t-shirt et un short (au mois de mars en Belgique c'est plutôt rare). Pour le dire simplement, il ne cadrait pas vraiment avec l'image que le directeur de la maison d'édition se faisait du client idéal pour ses livres papier. Après notre conversation, Michael était resté assis à la table : je voyais le directeur de cette petite maison d'édition déambuler autour du fondateur du projet Gutenberg, qui, à ses yeux, faisait tache devant les étals de livres à couvertures glacées et empêchait les clients de consommer.

Après quelques minutes, le directeur s'est approché de Michael Hart et lui a demandé de partir. L'Américain ne comprenant pas le français, l'éditeur a haussé le ton et l'a proprement envoyer promener... ailleurs que sur l'espace qu'il louait pour la durée de la Foire.

Je suis allé présenter mes excuses à Michael pour cette désagréable altercation. Il ne s'en souciait pas trop. Il avait assez de projets en tête pour ne s'embarrasser de ceux qui jugent les gens d'après leur physique, j'imagine. Quand j'ai expliqué au dynamique directeur qui il venait de malmener ainsi, il n'a pas fait mine de regretter son geste. A la Foire du Livre, il n'avait qu'un objectif : vendre des livres.

Lui qui rêvait de devenir un jour le Gallimard belge n'était même pas capable de comprendre l'importance capitale de Michael Hart dans l'histoire du livre. Même s'il dirigeait une maison d'édition numérique, il n'avait pas conscience que sans des rêveurs dynamiques et dévoués comme Hart, son département d'édition en ligne n'aurait même pas été pensable.

Avant toute exploitation commerciale, il y a toujours le travail utopique d'un humain qui imagine ce qui n'existe pas encore et qui, par sa simple pensée, lui donne naissance.

Je pense que bon nombre d'éditeurs, aujourd'hui encore, ne perçoivent pas l'importance du livre numérique et son apport capital en matière de démocratisation réelle de l'accès au savoir et à la culture.

C'était le credo de Michael Hart.

Qu'il repose en paix !

Michael_Hart_and_Gregory_Newby_at_HOPE_Conference.jpg

(Photo : Michael Stern Hart et Gregory Newby, cofondateurs du Projet Gutenberg en 2006. Source : Wikipedia)

Et si vous voulez en savoir plus à son sujet, une très belle nécrologie est publiée ici.

 

 

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07/09/2011

Balade littéraire pour les Journées du patrimoine

Nicolas Ancion, Sohiet-Tinlot, ECrivain cherche place concierge, balade, journées du patrimoine, 2011Cette année, les Journées du Patrimoine ont choisi pour thème "Des pierres et des lettres". Elles invitent à redécouvrir les sites et monuments de Belgique sous le regard torve des littérateurs.

C'est ainsi que la commune de Soheit-Tinlot, fortement malmenée dans mon roman "Ecrivain cherche place concierge" vous convie à une jolie balade littéraire à la découverte du "plus laid village du monde" (si l'on en croit le roman).

Voici l'invitation. Si vous avez envie de découvrir un village du Condroz autrement, ce week-end, laissez-vous guider !

nicolas ancion,sohiet-tinlot,ecrivain cherche place concierge,balade,journées du patrimoine,2011

JOURNÉES DU PATRIMOINE

10 et 11 septembre

LE VILLAGE de SOHEIT-TINLOT

Soheit-Tinlot est-il en train de renaître de ses cendres ? Une petite balade au cœur du vieux Soheit nous fera découvrir les curiosités cachées de ce petit village condrusien. Avec le regard critique de Nicolas Ancion, qui traite le sujet dans «Écrivain cherche place concierge», nous chercherons à comprendre comment ce patelin survit aux avatars du 21e s.

• Organisation : École Sainte-Reine de Tinlot.

• Ouverture : samedi et dimanche de 14h à 18h.

• Visites guidées : samedi et dimanche de 14h à 18h toutes les heures par groupe de 10 visiteurs max. (durée : 1h).

• Animation : pour les adultes et les enfants, circuit de découverte en compagnie des élèves de 5e et 6e primaire de l'école Sainte-Reine.

• Renseignements : 085/51 10 29 (du lun. au ven. de 9h à 16h).

24/07/2011

Le Poète fait sur scène - fêtons le théâtre loin d'Avignon

image-2_spr.jpgA l'occasion du festival "Nous n'irons pas à Avignon" à Gare au Théâtre à Vitry-sur-Seine et pour célébrer le célèbre festival de théâtre (presque du même nom) dans la Cité des Papes en même temps (ben oui, on peut manger à tous les râteliers, quand on a la dent longue), voici un premier texte extrait du recueil "Le Poète fait sur scène" - les aventures du poètes, tome 3 (paru aux Editions de la Gare dans le livre "Sans faire de bruit  sans faire de vagues".

Bonne lecture et bel été à vous !

 

Entrée en scène

 

On a vu le poète entrer

Dans une cabine téléphonique

C’est ce qu’on dit

Il n’en est pas sorti

Il n’en sort jamais

Il a cédé la place à un grand type costaud

Les cheveux longs les joues hirsutes

Avec une voix de cave qui réchauffe les femmes

Et un regard de braise qui les fait grésiller

Le poète a changé de rôle

Le voici comédien

Homme de théâtre dit-il

Comme on dit homme d’Eglise

Homme d’Etat homme du monde

Homme orchestre

Homme battu

Homonyme

Je me fonds dans la foule

Je me fais taximan je me fais violence

C’est pour sentir le rôle

Et le poète inspire une grande bolée d’air frais

Qui aère ses veines

Lui ventile le cerveau

Je ne suis plus qu’un homme objet

Au service du texte dit-il

Je suis un mot dans une phrase

Une phrase dans un très beau discours

Un discours dans la bouche d’un personnage

Un personnage perdu à la surface du monde

A un moment donné et vite repris

Par le torrent du temps

Je ne suis même pas ça dit le poète

Je suis une petite lettre un accent

Dans un mot du discours

D’un pauvre type sur la terre

Que je ne suis pas

Un quidam

Que je rêve à haute voix

C’est ça mon boulot de comédien

Dit le poète fort en verve

C’est comme ça que je suis désormais

Je me fonds dans la foule

Je me coule

Une pierre au fond de la rivière

Et j’observe

Le plus beau des silences

Un silence habité

Un silence qui vibre

Le silence de la scène

C’est mon silence à moi

Dit le poète

Accoudé au bar

Aux côtés d’une rousse à gros seins

Je suis comédien

Sans boulot pour l’instant dit-il de sa voix chaude

Mais j’observe le monde

Rien que dans ce décolleté

Et dans vos yeux

Je lis tout le tumulte

Toute la violence et la beauté

Du monde qui nous entoure

Evidemment si je pouvais voir plus bas

Plus loin encore

Ce n’est pas moi qui souhaite

C’est la méthode

Actor’s studio Stanislavski

Tout doit finir au lit c’est bien connu

Si je pouvais approfondir

Vous saisiriez

La mesure de mon talent

Et toute ma verve

Le poète à longs cheveux se prend un verre de Schweppes

Droit sur les joues bien drues

La rousse s’est défilée

Restent la bière et le bar

Les deux autres piliers

De la carrière d’acteur

 

29/06/2011

Tout savoir sur "Momies et compagnie"

momies.jpgJ'ai reçu de nombreuses questions au sujet de mon nouveau roman jeunesse, depuis que la diffusion de la bande annonce a démarré. Je vais tenter d'y répondre le plus précisément possible.

 

Qu'est-ce que ça raconte, Momies et compagnie ?

Alex et Maya sont frère et sœur, ils arrivent en train à Paris pour passer quelques jours chez leur grand-mère. Les vacances devaient être tranquilles mais les deux enfants vont bientôt se retrouver sur la piste d'un parchemin volé puis de momies du Louvre disparues mystérieusement... Enquête, poursuites, sorcellerie... il y en a pour tous les goûts.

 

C'est pour qui ?

Il n'y a pas d'âge pour lire les livres. Il faut savoir lire, je pense, parce que les illustrations de Bruno Tatti ne suffisent pas pour comprendre l'histoire. Je dirais que tous les lecteurs à partir de 10 ans peuvent se plonger dans les aventures d'Alex et Maya. Et je leur conseille de le faire, d'ailleurs !

 

Ca ressemble à quoi, sous la couverture ?

Le roman est illustré en noir et blanc et, dans les marges, le texte a été annoté par Alex et Maya eux-mêmes : renseignements complémentaires, dessins, photos, schémas. Pour tout comprendre en profondeur.

Voici un exemple de double page :

 

interieurroman2.jpg

C'est qui, Alex et Maya ?

Physiquement, déjà, ils ressemblent à ça :

 

alexmaya.jpg

Ensuite, on peut dire qu'Alex a le don des langues et des codes, il parle couramment une bonne dizaine d'idiomes et la chimie n'a pas de secrets pour lui. Maya, elle, est plutôt passionnée par la technologie et la programmation. A eux deux, ils forment une fameuse équipe...

 

C'est qui, l'éditeur ?

« Momies et compagnie » est publié chez Graine 2 éditions. Voici d'ailleurs la couverture :

couv_momie_compagnie.jpg

Et l'ISBN pour faciliter la commande en librairie : 978-2-917537-28-2 

 

Est-ce qu'il y aura une suite ?

Ah oui, bien entendu ! Le nouvel épisode est déjà en préparation. On retrouvera bientôt Alex et Maya pour une nouvelle aventure pleine de mystères et de rebondissements... à Londres ! (Ca, c'est un scoop.)

 

Et il est bien, ce bouquin ?

Ah ben ça, c'est à vous de me le dire ! Bonne lecture, en tout cas...

 

17:42 Publié dans Ecriture, Livres en cours, Notes de lecture | Lien permanent | Commentaires (2) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

21/06/2011

Les morts peuvent-ils faire de la pub ?

Momies noires.jpgC'est une question qu'on peut se poser.

Personnellement, je pense que les squelettes et les momies peuvent très bien faire la pub d'un roman, quand il s'appelle "Momies et compagnie".

La preuve en images.

 

 

Plus que quelques jours de patience, le livre arrive en librairie ce 1er juillet ! Si vous avez des enfants, des neveux, des nièces et des élèves entre 10 et 12 ans, voilà une lecture de vacances qui les fera frissonner !

09:22 Publié dans Ecriture, Livres en cours | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

13/06/2011

La rue Sébastien Bottin résiste à Gallimard

#ruebottin, Gallimard, Actualitte, littérature, Sébastien Bottin, rue, J'ai d'abord cru que c'était un gag, comme il en circule beaucoup sur le Net, mais après vérification, il semblerait bien que le projet soit réel : ce 15 juin, la ville de Paris compte rebaptiser la rue Sébastien Bottin, où les Éditions Gallimard ont leur siège, en rue Gaston Gallimard.

 

Le projet est hallucinant : le nom de l'inventeur du bottin (de l'annuaire, donc, des pages blanches, des pages jaunes, des pages d'or...) serait détrôné par celui d'une marque commerciale.

 

Pourquoi pas rebaptiser les places de la gare de toutes les villes de France par un beaucoup plus joli place de la SNCF, mieux encore, par de plus éloquents esplanade TGV, tunnel Lunea ou boulevard Thalys ? Une promenade Airbus, me semblerait tout indiquée ensuite, ou un square L'Oréal, pardon Lilane Bettencourt, dont on reparle un peu, par les temps qui courent.

 

Allez, ne soyons pas grincheux, la ville de Paris a bien le droit de choisir le nom de ses rues. Mais je gage qu'un lobbying forcené amènera bientôt les autorités à trouver une allée Lagardère pour l'un des principaux concurrents du roi des éditeurs, qui doit être bien jaloux...

 

En attendant la manifestation du 15 pour réclamer le maintien de la mémoire de Sébastien Bottin, on peut consulter le fil twitter #ruebottin et le blog consacré au sujet sur actualitte.

 

PS : le logo a été créé par l'occasion par le Studio Walrus, salut à eux !

07/06/2011

Momies et compagnie : la bande annonce

Mon nouveau roman jeunesse sera en librairie ce 1er juillet. Il s'appelle "Momies et compagnie", il est illustré par Bruno Tatti et publié par Graine 2 Éditions.

Pour patienter pendant ces longues semaines, voici déjà la bande annonce.

J'espère qu'elle vous plaira :-)

03/06/2011

Le roi des éditeurs

Dans le cadre de l'opération Vases Communicants, j'ai le plaisir de céder ce blog, le temps d'une note, au Roi des Editeurs, qui publie ici une version remaniée de sa 8e semaine de Twits au nom de lâââa grrrande littérrraturre.

Pour suivre ses aventures en direct, une seule adresse : http://twitter.com/roidesediteurs

 

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CINQ HISTOIRES DU ROI DES EDITEURS (8e semaine)

 

« J’aime beaucoup ce que vous écrivez, surtout vos textes gratuits sur le web, dit le roi des éditeurs à une jeune auteure. On ferait pas un p’tit bouquin vous et moi ? Pour les droits d’auteur, voyez-vous, on sait plus du tout où on en est. Les augmenter ? Vous n’y pensez pas ! Il faut que vous sachiez que le numérique nous coûte très cher, notamment en défense et surveillance de nos côtes. Les pirates sont en effet nombreux à pénétrer dans nos eaux territoriales et à débarquer de nuit leurs marchandises. Et il n’y a pas un jour sans qu’ils coulent l’un de nos propres navires, enrage le roi des éditeurs. »

 

« Vous reprendrez bien un peu de tête d’auteur ? demande le roi des éditeurs en tendant l’énorme plat aux critiques littéraires. C’est fait maison. La recette ? J’ai pris les trois ou quatre meilleurs auteurs de mon cheptel. Je ne vous dirai pas leurs noms, et vous laisse deviner… Exact, il y a du Le Clézio de la période mexicaine, mêlé d’un chouya de Régis Jauffret, d’où le goût un peu acide. Vous avez peut-être remarqué l’arrière-goût de Philippe Sollers, j’ai choisi sa période Femmes. D’où la sensation légèrement sucrée. »

 

Le pape de la littérature a osé donner son accord pour une édition numérique d’une de ses œuvres publiée jadis chez le roi des éditeurs. Le roi des éditeurs fulmine, et fait aussitôt brûler tous les volumes du pape de la littérature dans la cour du château. La nuit suivante, il prépare lui-même les épreuves empoisonnées des œuvres complètes du pape de la littérature. « Il l’aura sa Pléiade, il l’aura ! » hurle-t-il en badigeonnant chaque page d’un liquide verdâtre et épais. « Lui qui croyait y être publié vivant, c’est la Pléiade qui va l’entraîner dans sa tombe ! » ricane le roi des éditeurs.

 

« Le dauphin Jean-Pierre est définitivement un bon à rien », songe le roi des éditeurs au milieu de toute cette agitation. Je ne le vois pas reprendre la mystique Maison, ça non. Comment a-t-il réussi à faire un fils si doué ? » La reine du blog raconte que le roi des éditeurs a ourdi un complot contre son propre fils. Le roi des éditeurs songerait à nommer plus tard son petit-fils Gustave comme son successeur, et à se débarrasser du dauphin Jean-Pierre. Mais comment s’en débarrasser ? « Ah, les méthodes du passé sont les méthodes du passé ! » regrette le roi des éditeurs.

 

Le roi des éditeurs a trouvé son nouveau conseiller pour le numérique : ce sera son archiviste, Albert Noisetier. L’archiviste connaît bien la mystique Maison : il en a exploré les tréfonds pendant soixante ans. Courant devant tous les micros, il s’efforce de faire croire que l’avenir du numérique se confond avec l’exploitation juteuse de ce fonds. Comme le roi des éditeurs, Noisetier ne veut pas croire à l’existence d’une littérature nouvelle 100% numérique. « Tous ces gens qui s’autoproclament écrivains sont des amateurs, dit-il, laissez faire les pros de la littérature. »

 

Si vous cherchez les 7 premières semaines de la vie et de la mort du roi des éditeurs, vous les trouverez sur le site de Laurent Margantin, http://www.oeuvresouvertes.net/.

C'est là aussi, d'ailleurs, que vous trouverez aussi ma Lettre de refus pour libraire, publiée ce matin. Bon amusement et au mois prochain !

Vous trouverez ici la liste complète des participants aux Vase Communicants de juin.

09:38 Publié dans Blog, Ecriture, Trucs en ligne que j'aime | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer