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01/03/2012

On cherche des figurants nus pour l'adaptation de mon roman

Lakshmi Mittal, Liège, arcelormittal, théâtre, collectif MensuelDepuis ce 28 février, dans le cadre de l'adaptation de "L'homme qui valait 35 milliards" pour la scène (première en octobre 2012), un casting est organisé pour recruter :

- une cinquantaine de figurants nus pour rejouer la scène de la photo avec les ouvriers d'ArcelorMittal dévêtus qui accueillent Lakshmi Mittal à Liège (une journée de tournage début mai);

- un sosie de Lakshmi Mittal (cinq journées de tournage début mai).

Le tournage aura lieu dans la région liégeoise.

Si vous êtes intéressé(e), vous pouvez envoyer un mail à l'adresse 35milliards@hotmail.be.

Et pour en savoir plus sur la pièce et le casting, la Meuse a publié un long article ce matin, que je vous joins ici.

Bonne lecture !

09/12/2011

Bocal Agité : auteurs, mouillez-vous !

Frictions Urbaines

- Appel à participation -

le bocal agité

35ème édition

"Vivre la ville demain"

Telle est la question posée aux auteurs

Alors mouillez-vous !

du jeudi 19 au samedi 21 janvier 2012

Le Bocal Quezako ?
Trois jours pour écrire, mettre en scène, jouer et en parler
Un outil de rencontre d'écritures en mouvement.
Un contenu qui change dans un contenant solide et transparent comme un bocal.

Programme :
Après une rencontre avec un groupe d'étudiants en architecture et un groupe d'habitants, les auteurs écrivent un texte court à partir d'une même contrainte.
- Jeudi 19 janvier à 19h : lecture et formation des équipes de travail.
- Vendredi 20 et samedi 21 de 9h à 18h : mise en jeu des textes
- à 19h : présentation des formes courtes

Metteurs en scène, interprètes
L'aventure vous intéresse ?
Alors inscrivez-vous par mail ou tel
01 55 53 22 22 - com@gareautheatre.com
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GARE AU THÉÂTRE
13 rue Pierre Sémard 94400 Vitry-sur-Seine
01 55 53 22 22 - contact@gareautheatre.com
www.gareautheatre.com

21/11/2011

Une Belgique sans gouvernement

A l'occasion du nouvel échec des négociations gouvernementales, je republie ici un texte écrit pour le psectacle Mensuel, qui a  tourné dans les salles, il y a plus de six mois de cela...

Le texte n'a pas vraiment pris une ride, bien au contraire.

Bonne lecture, et faites tourner autour de vous si vous en avez l'envie :-)

 

On dit que la Belgique n'a pas de gouvernement.

Les mauvaises langues prétendent que nous détenons le record, qu'aucun pays au monde n'a mis autant de temps pour se mettre d'accord, pas même l'Irak après la guerre.

Eh bien, c'est vrai, le record du Cambodge est bien dépassé.

En 2003, le Cambodge avait tenu 353 jours et finalement formé un gouvernement avec 207 ministres !

207 ministres... ça fait rêver.

Pourquoi pas dix millions de ministres, tant qu'on y est.

Ah non : 5 millions de ministres et 5 millions de chauffeurs, pour les conduire.

Un joli gouvernement... Enfin !

Ah mais non ! La Belgique n'est pas du tout sans gouvernement.

Bien au contraire ! On n'en a jamais eu autant

Pendant toute cette crise, nous avons encore 6 gouvernements en état de marche. Gouvernement wallon, flamand, bruxellois, gouvernement de la Communauté germanophone, de la communauté flamande, de la Communauté française.

 

Pas de gouvernement en Belgique ? Qui a dit une bêtise pareille ?

Parce qu'en plus de ces six là, faudrait pas oublier les 10 provinces, les 589 communes, avec chacune leur petites tribunes, leurs élus et leurs chauffeurs. Et les budgets à dépenser.

Et aujourd'hui, on a aussi l'Europe, avec son Président qui est Belge, ses commissaires de tous les pays et ses lois qui pleuvent comme des retombées nucléaires.

Pas de gouvernement en Belgique ? Faut habiter très loin pour le penser !

 

Il n'y a juste plus de gouvernement fédéral.

Plus de chauffeur dans la locomotive mais le train roule encore.

C'est tout de même chez nous qu'est arrivé le premier train du continent, quand la Belgique était deuxième puissance mondiale. C'était le bon temps.

Depuis, on se contente de suivre les rails, en espérant qu'ils nous mènent ailleurs que dans le mur. Ou qu'on ne déraille pas bien avant...

 

Mais ce qu'on ne nous dit pas, c'est que la Belgique va beaucoup mieux depuis qu'elle est en affaires courantes.

 

Car dans tous les autres pays, quand la crise économique est arrivée, les gouvernements en ont profité pour appliquer des mesures d'austérité. Sous prétexte de relancer la machine, ils ont coupé là où ils aiment le faire :

- dans les services publics

- dans les salaires (pour améliorer la compétitivité comme ils disent alors que ça n'améliore jamais que les bénéfices)

- dans les allocations de chômage

- dans les pensions

- dans la sécurité sociale en général.

Pas un n'a pensé à réduire les cadeaux fiscaux aux entreprises, les réductions d'impôts sur les grosses fortunes...

On préfère toujours couper des petits bouts à plein de gens que quelques têtes fortunées.

Faudrait des guillotines pour ça.

Bref, ils ont coupé dans tous les services qui ne servent pas les riches...

Ils ont appliqué la recette miracle chantée d'une seule voix par l'Union Européenne, le fonds monétaire international et les redoutables agences de notation.

Et parmi tous ces bons élèves européens, ce sont les Anglais qui ont appliqué la recette avec le plus de zèle. Et ce sont eux qui se sont, du coup retrouvé avec une nouvelle crise un an plus tard.

Parce que les recettes miracles, c'est exactement comme les miracles tout court : ça n'existe pas.

Si on enlève l'aide pour les plus pauvres, ils sont encore plus pauvres, du coup ils coûtent plus cher à la société, c'est ainsi.

Plus les pauvres sont pauvres et plus les États sont pauvres aussi.

 

Mais la bonne nouvelle, c'est que dans notre petit pays sans gouvernement fédéral, on n'a pas pu appliquer ces coupes franches.

On avait déjà du mal à retenir qui était formateur et qui avait dit quoi sur quelle note... Alors impossible de réformer la sécurité sociale.

L'État n'a pas pu appauvrir les pauvres.

Du coup, nous sommes un des pays qui a le moins ressenti les effets de la crise.

Parce qu'il n'avait pas de gouvernement pour appliquer les réformes injustes.

Pas de gouvernement pour profiter de la crise pour accélérer la locomotive.

Pour nous rapprocher plus vite du mur où nous finirons bien par nous écraser...

 

Un pays sans gouvernement... n'est-ce pas finalement cela le vrai miracle ?

 

Pourvu que ça dure...

 

18/11/2011

Je me numérise - texte préparatoire

 1.0

 

Je me suis levé ce matin.

Je suis allé jusqu'à la salle de bain pour me raser mais mon miroir a rejeté mon mot de passe.

Il refusait d'afficher mon image.

Juste un écran vide, avec le logo de la brosse à dent et l'icône du dentifrice.

J'ai réessayé une première fois.

Même refus. J'ai recommencé encore.

Je me suis dit que j'avais peut-être laissé la touche majuscule enfoncée. J'ai cherché partout sur mon corps et je n'ai pas trouvé. J'ai voulu balancer le miroir par la fenêtre puis j'ai pensé à combien ça coûtait. Sept ans de malheur et le risque de trancher un passant en deux, dans la rue plus bas.

Il devait bien y avoir une explication.

Je m'y suis pris avec méthode. J'ai marché jusqu'au tableau électrique et j'ai coupé les plombs.

J'ai tout rebooté.

Ça n'a rien changé.

Il a fallu du temps pour que l'appartement se recharge, je voyais le paysage réapparaître peu à peu derrière les vitres.

J'ai tenté de me raser sans me voir mais ça n'a rien donné de bon.

Je me suis entaillé la joue.

Ma pensée s'est mise à dériver suivant un fil tordu, comme du sang qui s'écoule.

Puis le téléphone a coupé le fil et j'ai décroché.

C'était du télémarketing. Une jeune fille voulait me vendre des produits surgelés.

C'est toujours quelqu'un qui cherche à vendre. Sans ça, le téléphone ne sonnerait jamais.

Je ne sais même pas si elle existe, cette vendeuse de surgelés, elle m'a donné un faux nom, elle m'a lu de jolies phrases qui sonnaient creux, ce n'est pas à moi qu'elle voulait parler mais à un client, je n'avais pas envie de recommencer le coup du miroir, me sentir rejeté, j'ai commandé des légumes pour la soupe.

C'est bon la soupe. Surtout les légumes.

Il y avait une promo pour trois sachets.

J'ai pris la promo.

Je n'ai pas de congélateur.

Ce n'est pas grave, j'ai bien senti que je lui faisais plaisir en jouant les clients.

C'est comme ça qu'on joue bien. En endossant le rôle qu'on attend de nous.

 

Le téléphone sonne.

 

VOIX D'HOMME

Vous avez commandé des légumes surgelés ce matin ?

 

LUI

Oui

 

VOIX D'HOMME

Il y a un problème avec votre carte de banque. Le paiement a été rejeté.

 

(A SUIVRE)


Extrait de textes préparatoires à l'écriture de "Je me numérise" pour la Compagnie de la gare (Vitry-sur-Seine)

 

14/11/2011

Je me numérise à Gare au Théâtre

Je suis en ce moment en résidence d'écriture à Vitry-sur-Seine, à l'invitation de Mustapha Aouar et de l'équipe de la Compagnie de la Gare. La résidence bénéficie du soutien de la Région Île de France.

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 D'ici quelques semaines, je devrais avoir achevé le texte d'une pièce de théâtre qui sera créée à par la compagnie, à Gare au Théâtre, au cours de la saison 2012. La pièce s'intitule « Je me numérise » et j'essaie d'y parler, très concrètement, des mutations profondes que notre monde traverse en ce moment. Oui, oui, l'arrivée massive des Chinois comme financiers du monde et fabricants de tout. Oui, oui, les caméras de surveillance et le flicage du web. Oui, oui, le tout au numérique et les réseaux sociaux. Oui, oui, la grande solitude des villes et la santé mentale défaillante.

 

Enfin, j'espère que je mettrai tout ça dedans, comme on cuisine un plat au four avec tous les restes de la veille, en ajoutant de l'ail et une couche gratinée pour enrober le tout et le rendre un peu moins fade...

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Jeudi soir, j'ai donné une première lecture du début du texte. Un quart d'heure chrono, pas plus, puisqu'on m'avait suggéré de lire « maximum vingt minutes ».

(C'est une vieille leçon que j'ai retenue, après une de mes premières soirées de lecture où j'ai vu comment Pierre Mertens montait tout le public contre lui parce qu'il lisait deux fois plus longtemps que les autres auteurs, puis Nicole Malinconi et Jean-Luc Outers endormir le public à lire des extraits de roman saisis hors contexte. Il y a prescription, les événements ont eu lieu il y a plus de dix ans, je peux donc révéler les noms de ceux qui m'ont enseigné, un peu malgré eux, il est vrai cette règle d'or : toujours faire court. Si possible émouvoir les gens – et je compte le rire parmi les émotions les plus agréables à partager. Lire bref et tonique. Préférer cinq bonnes minutes qui donnent envie d'en entendre plus à vingt-cinq minutes dont dix sont de trop.)

Grand soulagement : le texte a été bien accueilli. Le public a ri. Il a réagi quand il le fallait, alors que l'exercice de lecture, par une seule voix d'une pièce de théâtre à trois personnages est un vrai casse-gueule, d'où le texte ressort forcément amoché.

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 Après ça, soirée cabaret par Monsieur Delagare et Cie (Mustapha Aouar et son orchestre au complet : Rico et Aurélien) à partir des textes de mon recueil « Métro boulot dodo » (éditions l'Arbre à Paroles). Le spectacle s'appelle « Boulododo » et il sera rejoué à la mi-décembre trois soirs d'affilée. J'avais mon téléphone, j'étais assis dans le fond, je me suis donc permis de filmer un petit bout qui vous donne un aperçu de ce que ces trois énergumènes peuvent produire à partir de petits textes en prose... Ce morceau est particulièrement calme et posé, par rapport à l'ensemble du spectacle.



 

Bon, à côté de l'écriture, une résidence d'auteur, c'est aussi beaucoup de rencontres.

Au cours des mois de septembre et d'octobre, j'aurai rencontré 12 classes des lycées et collèges de Vitry-sur-Seine, soit plus de 300 élèves de troisième et de seconde au total, qui ont tous lu (en détail et sans sauter un mot, ça s'entend dans leurs questions) mon recueil de nouvelles « Nous sommes tous des playmobiles ».

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Maintenant, on passe aux choses sérieuses. Avec une bonne partie de ces jeunes gens, nous allons écrire des épisodes de série télé. Sans doute une soixantaine d'épisodes au total d'ici la fin mars. Qui dit mieux ?

Si ça vous intéresse, je vous donnerai des nouvelles de tout ça dans les prochaines semaines.

 

13/05/2011

Qui vient au théâtre ce samedi ?

Je participe en ce moment au 34e Bocal Agité à Gare au Théâtre.

Du coup, je vous invite très cordialement ce samedi à voir le résultat sur scène.

Voici le programme complet :

 34e BOCAL AGITÉ

Gare au Théâtre, bocal agité, théâtre, écriture, littérature

Gare au Théâtre 
13, rue Pierre Sémard 
94400 Vitry-sur-Seine

http://www.gareautheatre.com

Réservation :
01 55 53 22 22

 

SAMEDI 14 Mai a 19 heures (entrée gratuite)

  •  "Mort au Théâtre" de Nicolas Ancion

Mise en scène par Julien Feder
Avec : Marie Hélène Peyresaubes, Pascale Maillet, Francis Leonesi, Lionel
Zilder et Carine Greilsamer

  • "Learning´ the blues" de Georgia Doll

Mise en scène par Claude Bonin
Avec : Aurélie Gourves, Aurélie Frère, Anne Leblanc, Claire Amouroux,
Mouhcine Mahbouli, Marjorie Bleriot

  • "Le Compte Rendu" de Fabien Arca

Mise en scène : René Chenaux assisté de Geneviève de Buzelet
Avec: Angéline Falaise, Elisa Millot, Annick Cornette, Romain Coquelin

  • "J'irai pas" de Haim Adri

Mise en scène par Mathieu Huot
Avec : Christelle Kerdavid, Marine Pennaforte, Audrey Tarpignan, Alice
Benoist d'Etiveaud, Natalie Rafal, Catherine Casabuanca

 

Mais qu'est-ce qu'un Bocal Agité ? C'est une aventure théâtrale en trois jours.

Le premier jour, à 9h, les auteurs (six en général) reçoivent une contrainte d'écriture.

Ils écrivent toute la journée et à 19h, ils donnent lecture du texte aux acteurs et metteurs en scène.

Les metteurs en scène décident alors quel texte chacun va monter.

Ils annoncent leurs besoins en comédiens (X hommes et X femmes), dont on tire les noms au hasard dans un grand bocal.

Le deuxième et troisième jour, les équipes répètent le spectacle dans leur coin.

En soirée, donc vers 19h le troisième jour, le public est invité à assister à la première et dernière représentation de ce spectacle unique.

12/05/2011

Le Mensuel - édition spéciale 2011

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Partisans du « non politiquement correct », soyez fidèles au rendez-vous !


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« Foncez, parce que le Mensuel est un spectacle terriblement drôle » Le Soir

 


Après le succès de l’Hebdo du Lundi et de Mensuel (saison 1 et 2) la compagnie liégeoise Pi3, 14 nous revient avec un numéro unique de fin de saison de son désormais classique Mensuel. Le principe reste le même, proposer un rendez-vous avec l’actualité, caustique et ludique à souhait ; le « JT-théâtral ».

 

Farce, parodie, poésie, pamphlet, vidéo, musique et mauvaise foi : tout sera bon pour tourner l’actualité en dérision. Avec son rythme endiablé, le Mensuel ne laisse le temps ni de s’ennuyer, ni de reprendre son souffle entre deux éclats de rire.

 

 

 

 


Le Mensuel près de chez vous !

 

06 mai 2011 – Centre Culturel d’Amay | 085/31.24.46 | Plus d’infos

10 mai 2011 – Centre Culturel Comines-Warneton | 056/56.15.15 | Plus d’infos

11 mai 2011 – Centre culturel régional du Centre La Louvière | 064/21.51.21 | Plus d’infos

13 mai 2011 – Foyer culturel de Peruwelz : Arrêt 59 | 069/45.42.48 | Plus d’infos

14 mai 2011 – Maison de la Culture d’Arlon | 063/24.58.50 | Plus d’infos

19 mai 2011 – Centre culturel de Soignies | 067/34.74.26 | Plus d’infos

20 mai 2011 – Centre culturel d'Ans-Alleur | 04/247.73.36 | Plus d’infos

21mai 2011 – Centre culturel de Chênée | 04/365.11.16 | Plus d’infos

5 juin 2011 (16h) – Centre culturel de Thuin | 071/59.60.35 | Plus d’infos

Du 08 au 11 juin – Théâtre Le Moderne – Liège | 04/225 13 14 | Plus d’infos

Du 14 au 18 juin 2011 – Théâtre de Poche – Bruxelles | 02/649.17.27 | Plus d’infos

24 et 25 juin 2011 – L'Ancre – Charleroi | 071/31.13.21 | Plus d’infos


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27/01/2011

PPDA se plante dans ses fiches sur Beaumarchais

barbier.jpgPPDA se lance dans une belle envolée pour se défendre face à la "meute" qui lui en veut tant et tant depuis qu'on a relevé de lourdes traces de plagiat dans la version de sa biographie d'Hemingway distribuée "par erreur" (sic) à la presse, dédicacée par l'auteur.

Il s'est fendu d'un billet dans Le Monde aujourd'hui pour expliquer qu'il écrivait tout à la main, au stylo, et que son éditeur s'était planté dans les fichiers puis qu'il n'avait pas relu les épreuves avant de donner son bon-à-tirer parce qu'il représentait l'UNICEF au bout du monde, je vous passe les détails sauf un... qui est plutôt piquant.

Pour montrer qu'il est cultivé, PPDA ne se contente pas de parler de calomnie, il va jusqu'à citer une phrase de Beaumarchais. Je vous copie-colle cela pour vous éviter de lire toute sa prose larmoyante :

Bien avant d'autres, Beaumarchais avait fustigé dans Le Barbier de Séville, la calomnie. "Il en restera toujours quelque chose…"

Le hic, c'est que cette phrase ne figure pas dans le Barbier de Séville, elle n'est même pas tirée de l'oeuvre de Beaumarchais.

Beaumarchais parle bien de la calomnie dans cette pièce mais avec une autre verve :

BAZILE. La calomnie, Monsieur ! Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j’ai vu les plus honnêtes gens près d’en être accablés. Croyez qu’il n’y a pas de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde, qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville en s’y prenant bien : et nous avons ici des gens d’une adresse !… D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné.

Telle bouche le recueille, et piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler, grandir à vue d’oeil. Elle s’élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?

Voilà sans doute la preuve que PPDA n'utilise pas de fiches ! S'il avait recours à des documentalistes un peu compétents, il aurait attribué la citation à son véritable auteur et il semblerait que ce soit Francis Bacon, dans son Essai sur l'athéisme. Enfin, c'est ce que j'ai trouvé après quelques recherches sur Internet, un peu plus fouillées que la première occurence Google...

PS : le texte complet du Barbier est disponible chez Gallica, dans Wikisources et Google Books, notamment.

04:00 Publié dans Ecriture, Théâtre en cours | Lien permanent | Commentaires (4) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer